N° 556 | DECEMBRE 2000

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Objectif installation

" Terres d'Europe "

Depuis dix ans, 150 jeunes agriculteurs ont pu s'installer en France grâce à Terres d'Europe, une société spécialisée dans leur accueil.

A l'origine du projet

A la fin des années quatre-vingts, les OPA et la plupart des Safer constatent une insuffisance de candidats à l'installation par rapport à l'offre d'exploitations à reprendre. Parallèlement, cette offre excédentaire n'avait pas échappé aux Pays-Bas, confrontés au problème inverse du fait de l'exiguïté de leur territoire. Une société d'ingénierie hollandaise (Arcadis Heidemij) s'était d'ailleurs spécialisée dans la migration de jeunes en France. Conjointement avec elle, les Safer, l'APCA, le CNJA, la FNSEA, la CNMCCA, le Cnasea et le syndicat agricole néerlandais LTO ont décidé en 1989 de créer une structure pour accompagner et élargir l'accueil de jeunes étrangers dans l'agriculture française : Terres d'Europe.

L'idée

Terres d'Europe a un champ d'action vaste qui dépasse le cadre de la simple transaction immobilière.
D'abord, un rôle d'information : Terres d'Europe organise des réunions régionales, en particulier aux Pays-Bas, pour expliquer les possibilités et les conditions d'installation en France.
Un rôle d'enregistrement des candidatures : les jeunes intéressés remplissent un questionnaire qui permet de cerner leur demande. Le cas échéant, cette demande est inscrite au RDI.
Terres d'Europe peut être mandaté comme agence immobilière par le candidat pour trouver une exploitation en France et réaliser la transaction. Elle s'appuie pour cela sur l'offre des Safer et aussi sur le réseau des Adasea, du RDI et les petites annonces. Le rayon d'action de Terres d'Europe dépasse donc largement l'offre des Safer, car depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, le marché s'est globalement inversé : il y a désormais pénurie d'offre par rapport à la demande d'exploitations à reprendre.
Terres d'Europe fait aussi des demandes de financement et aide les candidats à obtenir les aides à l'installation par le biais des équivalences de niveau de formation, etc.
Enfin, Terres d'Europe fait un accompagnement de l'agriculteur après son installation : insertion sociale (l'école pour les enfants), dans le tissu économique (l'organisation agricole). Les deux conseillers experts (multilingues) de Terres d'Europe font à cet égard souvent office de parrain du nouvel installé. C'est souvent eux qui sont sollicités en premier en cas de problème.

La marche à suivre

Le jeune étranger intéressé contacte Terres d'Europe qui l'informe plus précisément sur la réalité de l'installation en France (secteurs et régions où c'est possible etc.) et cerne sa demande à travers un formulaire.
S'il y a lieu, il mandate la société pour trouver l'exploitation qui lui convient. Il peut aussi y faire appel pour telle ou telle prestation plus restreinte (demande de financement, etc.).

Les moyens mis en œuvre

Terres d'Europe est une société anonyme qui facture ses prestations aux clients étrangers. Le service général d'information est rémunéré par le LTO et le Cnasea. Des conventions passées avec certaines Safer lui assurent des ressources forfaitaires. La prestation immobilière est rémunérée au pourcentage. Des prestations plus ponctuelles sont rémunérées à la journée.

Les résultats

En dix ans, Terres d'Europe a permis l'installation d'environ 150 jeunes, une vingtaine par an. Il s'agit d'installations aidées dans 75 % des cas. Les agriculteurs proviennent à 60 % des Pays-Bas, à 20-25 % de Suisse. 60 % des installations sont réalisées sur des exploitations laitières puis en bovin-viande. Il n'y a pas d'installation en grandes cultures (car pas d'offre sur le marché). Quelques créneaux occasionnels : le cheval, la bulbiculture.

Les contacts

Terres d'Europe : 3 rue de Turin - 75008 Paris.
Luc Verdun : Tél. : 01 44 69 86 06 - Fax: 01 44 69 86 11
Françoise Hareb : Tél. : 01 44 69 86 10


Philippe Kroslakova