N° 556 | DECEMBRE 2000

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France : Santé

Bienfaisants aliments

Par ces temps de peurs alimentaires, un colloque scientifique a remis quelques pendules à l'heure : la nourriture est aussi source de santé.

Avant la tenue du 44e congrès national de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de légumes), les 30 novembre et 1er décembre à Cavaillon (Vaucluse), un colloque a été co-organisé, cet automne, par l'Aprifel (Agence pour la recherche et l'information en fruits et légumes) et la Ligue contre le cancer. Sur le fait que les maladies qui affolent (le sida, Creutzfeld Jacob, etc.) ne doivent pas laisser oublier le cancer qui reste le principal tueur des sociétés développées.

Sans que la qualité des aliments soit en cause, c'est plutôt dans le choix d'une "alimentation variée et équilibrée" que réside, selon le docteur Elio Reboli, chef du service d'études sur la nutrition et le cancer du centre de recherches de Lyon, l'impact positif de l'alimentation sur la santé. Sans prescription dogmatique. On sait depuis longtemps qu'un travail physique, à forte dépense énergétique, demande une nourriture autre qu'un travail sédentaire.

Ce sont surtout les modes de vie qui retiennent l'attention des chercheurs. La France à 80 % urbaine ne se nourrit plus de la même façon que la France d'il y a un siècle à 80 % rurale. Et le mode de vie urbain entraîne une tendance à certains déséquilibres : surcharge en sucreries, graisses animales, plats préparés à additifs, insuffisances en fruits, légumes frais, poisson. Mais surtout, toujours selon Elio Riboli, "il est nécessaire d'insister sur les modes de conservation et de cuisson des aliments".

Alimentation équilibrée et bonne santé

Il n'y a pas de bons et de mauvais aliments, insiste Mariette Gerber, chercheuse à l'Inserm (Institut national supérieur d'études et de recherches médicales), mais "des associations alimentaires, principalement à l'échelon des repas et de la journée plutôt qu'à l'échelon de la semaine ou du mois".

Et sa conclusion devrait contribuer à calmer l'inquiétude : "Le malaise actuel sur la qualité de l'alimentation contraste avec les avancées scientifiques remarquables des connaissances dans le domaine des relations entre alimentation et santé. En effet, au cours des vingt dernières années, de nombreuses enquêtes épidémiologiques ont bien mis en évidence le rôle protecteur des modes alimentaires équilibrés en énergie (N.D.L.R. : viandes et céréales) et riches en fruits et légumes (fibres, minéraux, micronutriments)". Le modèle préféré des nutritionnistes est le modèle méditerranéen, le "French paradox" des Américains, qui leur a fait prendre goût aux légumes verts, à l'huile d'olive et au vin rouge. Avec modération, naturellement...