N° 555 | NOVEMBRE 2000

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France : Crédit Agricole

Une entrée en bourse en 2001

2001 sera l’année de la cotation boursière pour le Crédit Agricole. Mais la vraie priorité des prochaines années, c’est la satisfaction d’une clientèle de plus en plus difficile et versatile dans un climat de féroce concurrence bancaire.

En 1989, le Crédit Agricole adopta son premier « projet de groupe ». Ce document stratégique traça la voie du développement international de la banque verte autour d’une Caisse nationale alors fraîchement mutualisée. Dix ans après, le Crédit Agricole est devenu une des premières banques du monde mais la donne a beaucoup changé : la relation avec le client entre dans l’ère numérique, la concurrence s’exacerbe avec l’arrivée de banquiers non traditionnels (grande distribution, banques directes), les concentrations bancaires s’accélèrent, les marchés boursiers se sont réformés.

Sa solidité financière (les résultats ont été multipliés par quatre en dix ans) et sa taille ne garantissent plus au Crédit Agricole de rester dans la course des prochaines années. C’est pourquoi ses dirigeants ont établi un nouveau projet de groupe, qui veut ouvrir la banque aux marchés financiers.
En clair, le Crédit Agricole a décidé l’entrée en bourse en 2001 d’un « véhicule coté » comprenant la Caisse nationale, les filiales nationales et 25 % du capital des caisses régionales. Il resterait majoritairement contrôlé par les caisses régionales et les salariés, n’étant ouvert au marché qu’à hauteur de 20 %. Cela devrait lui donner plus de marges de manœuvre pour tisser des alliances internationales – elles se pratiquent souvent par échange de titres –, notamment en Europe du Nord, et pour se développer dans les métiers de banque d’investissement et de gestion d’actif.

Le Crédit Agricole n’abandonne pas pour autant ses valeurs fondatrices : « il restera un groupe mutualiste et décentralisé », affirme Pierre Bastide, secrétaire général de la FNCA. Certaines caisses entreprennent d’élargir leur sociétariat, notamment dans la clientèle urbaine, créant une charte de sociétaire, et ont même émis des certificats coopératifs d’associés pour les intéresser aux résultats de la banque. Quant à la concentration des caisses, elle va suivre son cours, sans heurts, l’objectif étant situé entre 30 et 40, contre 50 aujourd’hui et 91 il y a 10 ans.

L’autre grande priorité, c’est le client. Le Crédit Agricole en compte aujourd’hui 16 millions et entend bien conserver son leadership dans la banque de proximité. Quelles sont les grandes tendances de la consommation bancaire ? Comment Internet va-t-il changer la relation avec le client ? Comment le réseau d’agences doit-il s’adapter ? Ces questions ont été au centre du congrès de la FNCA à Montpellier. Le Crédit Agricole mise sur la personnalisation de la relation client et sur la multiplication de son offre, « en offrant un service financier global de bancassurance », explique Jean Laurent, directeur général de la CNCA. Ses succès récents dans ce domaine ne peuvent que l’y encourager.