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France
Prospective
Les quatre avenirs
de lagriculture
Que sera lagriculture française dans quinze
ans ? Quatre évolutions sont possibles, en fonction des
décisions politiques ; et aussi de lefficacité
syndicale.
« Agriculture et territoires, prospective 2 015 ».
Cest le résultat dun travail mené par
le groupe spécialisé de la Datar (Délégation
interministérielle à laménagement
du territoire et à laction régionale), et
rendu public cet été par lAssemblée
permanente des chambres dagriculture. Une prospective qui
« nest pas une prédiction », mais qui
« explore les possibilités » ouvertes par
les diverses options politiques en compétition pour les
quinze ans à venir. Et qui a dégagé quatre
scénarios possibles :
Scénario 1 : Le choix du marché intérieur
européen, cest-à-dire le prolongement de
la Politique agricole commune 1992, rectifiée 1999. Il
est le plus dans le prolongement de la situation actuelle. Avec
deux changements inéluctables : la fin du soutien aux
exportations vers les pays-tiers, et la redistribution des cartes
provoquée par lélargissement à lest
de lUnion européenne. Et deux conséquences
majeures : la maîtrise de loffre par lencadrement
des productions, et laccroissement des contraintes environnementales.
Scénario 2 : La domination de laval industriel
et de la grande distribution ; désengagement des pouvoirs
publics et affaiblissement des disciplines collectives ; cest
lévolution vers le modèle libéral,
laccélération de la déprise agricole,
et la dépendance de plus en plus forte de la production
agricole par rapport au marché.
Scénario 3 : Les terroirs triomphants ; accroissement
de la production de qualité, et des identifications territoriales.
Les soutiens publics se réorientent vers cette priorité
; avec la revalorisation du rôle des territoires, mais
aussi le risque de perdre, dans les secteurs de la production
de masse, des parts du marché européen et international,
peu sensible à la qualité à la française.
Scénario 4 : Lagriculture de services.
Une valorisation plus forte des ressources de la ruralité
considérée globalement. Les projets agricoles sont
alors soutenus à proportion de leur insertion dans cette
globalité. Ce qui implique une décentralisation
importante du financement de lagriculture au niveau régional.
Et une autre dépendance, dune nature différente
de celle du scénario 2, mais tout aussi réelle,
particulièrement dans les régions à fort
potentiel touristique.
LAPCA, qui publie les résultats de ce travail
prospectif, insiste sur le fait qu« il ne lengage
en aucun cas ». Il « explore des possibilités
qui nont pour but que de proposer des pistes à ceux
qui ont à prendre des décisions ». Cest
bien évidemment, conclut lAPCA, « aux instances
concernées dinstaurer le débat et de reprendre
les seules idées qui correspondent à lintérêt
commun » . Et, au premier rang de ces instances, au syndicalisme.
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