N° 554 | OCTOBRE 2000

Accueil

Archives

Recherche

 

Sommaire

 

 

 

France

Prospective

Les quatre avenirs de l’agriculture

Que sera l’agriculture française dans quinze ans ? Quatre évolutions sont possibles, en fonction des décisions politiques ; et aussi de l’efficacité syndicale.

« Agriculture et territoires, prospective 2 015 ». C’est le résultat d’un travail mené par le groupe spécialisé de la Datar (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’action régionale), et rendu public cet été par l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture. Une prospective qui « n’est pas une prédiction », mais qui « explore les possibilités » ouvertes par les diverses options politiques en compétition pour les quinze ans à venir. Et qui a dégagé quatre scénarios possibles :

Scénario 1 : Le choix du marché intérieur européen, c’est-à-dire le prolongement de la Politique agricole commune 1992, rectifiée 1999. Il est le plus dans le prolongement de la situation actuelle. Avec deux changements inéluctables : la fin du soutien aux exportations vers les pays-tiers, et la redistribution des cartes provoquée par l’élargissement à l’est de l’Union européenne. Et deux conséquences majeures : la maîtrise de l’offre par l’encadrement des productions, et l’accroissement des contraintes environnementales.

Scénario 2 : La domination de l’aval industriel et de la grande distribution ; désengagement des pouvoirs publics et affaiblissement des disciplines collectives ; c’est l’évolution vers le modèle libéral, l’accélération de la déprise agricole, et la dépendance de plus en plus forte de la production agricole par rapport au marché.

Scénario 3 : Les terroirs triomphants ; accroissement de la production de qualité, et des identifications territoriales. Les soutiens publics se réorientent vers cette priorité ; avec la revalorisation du rôle des territoires, mais aussi le risque de perdre, dans les secteurs de la production de masse, des parts du marché européen et international, peu sensible à la qualité à la française.

Scénario 4 : L’agriculture de services. Une valorisation plus forte des ressources de la ruralité considérée globalement. Les projets agricoles sont alors soutenus à proportion de leur insertion dans cette globalité. Ce qui implique une décentralisation importante du financement de l’agriculture au niveau régional. Et une autre dépendance, d’une nature différente de celle du scénario 2, mais tout aussi réelle, particulièrement dans les régions à fort potentiel touristique.

L’APCA, qui publie les résultats de ce travail prospectif, insiste sur le fait qu’« il ne l’engage en aucun cas ». Il « explore des possibilités qui n’ont pour but que de proposer des pistes à ceux qui ont à prendre des décisions ». C’est bien évidemment, conclut l’APCA, « aux instances concernées d’instaurer le débat et de reprendre les seules idées qui correspondent à l’intérêt commun » . Et, au premier rang de ces instances, au syndicalisme.