|
EDITO
La première
politique dinstallation, cest le revenu
Lété syndical a démarré
sur les chapeaux de roue, fin juin, avec lemprisonnement
inique de Jean-Pierre Cappelle. Cette affaire nous a profondément
touchés, non seulement parce quon a flanqué
lun des nôtres en prison, mais parce quen incarcérant
un innocent, cest notre liberté syndicale qui est
mise à mal. Face à une répression policière
de plus en plus systématique, nous sommes tous des Jean-Pierre
Cappelle en puissance. Ceux qui ne veulent y voir quun
coup médiatique ont tort. Ils se trompent de personne
et dorganisation. Merci aux nombreux CDJA et FDSEA qui
lont compris en manifestant semaine après semaine.
Reste que, même libéré, Jean-Pierre Cappelle
nest pas acquitté. Sa remise en liberté est
un grand soulagement. Mais nous devons continuer à oeuvrer
pour laver son honneur. Quel jeune pourrait accepter que notre
pays, « la patrie des droits de lhomme » traite
les syndicats comme les pires régimes totalitaires ?
Prix minimum mais lenteur maximum
Pas de trêve non plus dans lactualité des
filières. Le CNJA a poussé très tôt
pour la fixation dun accord au sein dune interprofession
qui na visiblement pas compris quune crise, surtout
en fruits et légumes, se règle dans lurgence.
Non seulement laccord na pu être conclu en
juillet mais plus dune semaine sest écoulée
avant sa notification au ministère, pour dobscures
raisons. Attentisme inadmissible dans un secteur aussi saisonnier
que les fruits dété. Et pendant ce temps-là,
ce sont les arboriculteurs qui ont trinqué. Les producteurs
français de fruits nont pas linterprofession
quils méritent. Mais ils nous trouveront toujours
à leurs côtés pour sauvegarder leurs intérêts.
Comme si une crise des fruits ne suffisait pas, le ministère
de lAgriculture sest ingénié à
allumer dautres feux dans les campagnes. Ainsi, la politique
de compensation de handicap naturelle. Quasi exemplaire defficacité
depuis trente ans, elle a contribué au maintien dune
agriculture en montagne. Suite à son interpellation par
la Confédération paysanne, la Commission européenne
a obtenu du ministère de lagriculture que cette
mesure sappuie sur des critères environnementaux.
Cette modification est une hérésie, elle dessert
les intérêts dune agriculture déjà
fragile. Après un coup de gueule en règle, le CNJA
et la FNSEA ont claqué la porte. Les nouveaux critères
proposés vont pousser à lagrandissement des
exploitations, encore et toujours au détriment des jeunes.
Nous nen resterons pas là...
Dans le même registre « on peut faire pire quauparavant
», cette logique de démantèlement est à
loeuvre pour la prime à lherbe. Dune
région à lautre, il est question de varier
les critères dattribution sous couvert de CTE, et
de les élargir. Ce qui est proposé pour la prime
à lherbe est le type même dune bombe
à retardement. Quon nous dise plutôt clairement
sil sagit de labandonner.
Face à cette remise en cause systématique des
soutiens à lagriculture, un gouvernement qui se
dit sensible au maintien des paysans sur notre territoire serait
bien inspiré de baisser rapidement les charges. La coupe
est pleine : on nous parle de croissance, de cagnottes, mais
la seule croissance que nous constatons invariablement est celle
des charges. Dernier exemple en date, la hausse du fioul (38
% en un an !) asphyxie peu à peu comme nous dautres
secteurs (pêcheurs, routiers).
Aucune politique dinstallation ne résiste sans
perspectives de revenu. Le vrai combat pour linstallation,
cest la baisse des charges. Nous allons bientôt à
Vaumeilh dans les Alpes-de-Haute-Provence pour la finale de labour.
Ce département est tout particulièrement concerné
par la remise en cause actuelle des politiques agricoles et le
poids des charges. Cest lendroit choisi pour lancer
ce mot dordre de rentrée syndicale : la baisse des
charges pour un vrai revenu. Peut-être lécho
de la montagne parviendra-t-il jusquà Paris. |