N° 553 | SEPTEMBRE 2000

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Type de logement

 

 

 


Une nurserie fonctionnelle

 

 

Elevage : En bref

 

 

 

Elevage : Logement des veaux

Le logement, à ne plus négliger

Alors que l'élevage des jeunes conditionne l'avenir de l'atelier bovin, les locaux des veaux sont rarement bien adaptés. Un investissement minimum est nécessaire pour améliorer les résultats techniques et en finir avec les tâches les plus pénibles.

Les dix premiers mois de vie sont déterminants pour le potentiel de production d'un bovin », annonce d'emblée Yves Françoise, conseiller bâtiment à la chambre d'agriculture de la Manche. « Trop souvent, ce sont des locaux mal aménagés qui accueillent les veaux, provoquant des pathologies et des frais vétérinaires supplémentaires. Face à de tels problèmes, l'éleveur est contraint d'acheter des génisses amouillantes à l'extérieur, ce qui fragilise la rentabilité et la situation sanitaire de son cheptel. » Une enquête du groupement de défense sanitaire (GDS) de la Mayenne a montré que la transformation d'un bâtiment permettait en moyenne de diviser par trois les problèmes de mortalité (de 7,2 à 2,4 %) et de morbidité (taux de veaux malades) (de 35,8 à 11,5 %).

Isolement au départ

Juste après sa naissance, le veau est très sensible aux micro-organismes bactériens (colibacilles) et viraux (coronavirus, rotavirus). Le logement individuel est préconisé pendant au moins trois semaines, pour éviter la contamination des animaux par contact et faciliter leur surveillance.

« Sur le plan sanitaire, la meilleure solution est sans doute la niche extérieure, à condition de l'orienter sud-est et de la changer de place entre chaque veau. Elle évite toute contamination par l'air ambiant ou par contact. Toutefois, les éleveurs lui préfèrent la case individuelle sous bâtiment, qui offre le meilleur compromis entre les résultats techniques et les conditions de travail », précise René Herriau, conseiller bâtiment au GDS de la Mayenne.

Pour trois semaines de présence, la surface de la case doit être comprise entre 1,6 et 1,8 m2, avec une largeur de 1 m, pour l'installation de deux porte-seaux (un pour le lait, l'autre pour l'eau). Si le veau reste dans sa case jusqu'au sevrage, il a besoin de 2,5 m2 et, éventuellement, d'une courette extérieure. Il est préférable d'installer le veau sur un caillebotis paillé, pour l'isoler de l'humidité et faciliter l'évacuation des jus. Fabriquée en contreplaqué marine, en PVC ou en polyester, la case doit être nettoyée et désinfectée au moins une fois par an.

Après trois semaines d'isolement, le veau possède ses propres défenses immunitaires et peut être regroupé avec ses congénères du même âge. Le logement en cases collectives facilite la conduite jusqu'à six mois. Chaque case, de 6 ou 8 places, comporte une partie paillée (2 à 3 m2 par veau) et un quai bétonné le long du cornadis : 1,20 m de largeur de 0 à 3 mois et 1,40 m de 3 à 6 mois (voir plan type).

Renouvellement d'air

L'ambiance est souvent le paramètre qui fait la différence dans une nurserie. Le volume d'air par animal doit être compris entre 10 (au démarrage) et 15 m3 (au sevrage). Le veau ne craint pas le froid mais il est sensible aux variations de température supérieures à 8 °C et à l'humidité. Une ventilation efficace doit permettre de renouveler l'air, sans provoquer de courant d'air. Les entrées d'air (0,1 m2 par veau) sont placées à plus de 2,5 m du sol, en pignon ou en façade, et protégées par un brise-vent efficace à 90 %. L'air ambiant, chargé de poussière et d'humidité, est évacué à travers une cheminée ou une faîtière ouverte (0,05 m2 par veau). « La ventilation dynamique, comme dans les ateliers hors sol, est très difficile à maîtriser. Par contre, je préconise une ventilation statique améliorée », explique René Herriau. « On peut l'obtenir en installant un extracteur d'air dans une cheminée. Dans les bâtiments humides, c'est un moyen très efficace pour forcer la sortie de l'air vers l'extérieur et assainir l'ambiance. »

Si une nurserie neuve coûte cher (près de 160 000 F), il est souvent possible, pour un investissement limité, d'aménager d'anciennes étables afin d'élever les veaux dans de bonnes conditions. L'achat de quelques cases individuelles assurera au minimum la survie des animaux. Encore faut-il que ce soit une priorité. Comme le remarque Yves Françoise : « Il est indispensable que chaque jeune agriculteur réfléchisse au logement des veaux avant de s'installer. Trop souvent, il se focalise sur la salle de traite ou la stabulation et élude cette partie primordiale. Il ne faut pas hésiter à faire appel à un spécialiste pour diagnostiquer l'existant, planifier les investissements et aborder l'organisation du travail. » Pour être efficace, une nurserie se doit d'être pratique. Placée à proximité de la laiterie, elle doit être accessible aux tracteurs qui apportent le fourrage et enlèvent le fumier. A l'intérieur, l'aménagement de couloirs larges et de portillons peuvent faciliter le paillage, le transport du lait et la manipulation des animaux. Une fois la pénibilité du travail supprimée, la nurserie devient un bâtiment agréable pour l'éleveur et ses veaux. n

Vincent Lasseret

Pour en savoir plus : Bâtiments veaux, génisses et boeufs (34 p.), chambres d'agriculture du Grand Ouest et Institut de l'Elevage, Editions Technipel, 01 40 04 51 71.