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Elevage : Logement des veaux
Le logement, à
ne plus négliger
Alors que l'élevage des jeunes conditionne l'avenir
de l'atelier bovin, les locaux des veaux sont rarement bien adaptés.
Un investissement minimum est nécessaire pour améliorer
les résultats techniques et en finir avec les tâches
les plus pénibles.
Les dix premiers mois de vie sont déterminants pour
le potentiel de production d'un bovin », annonce d'emblée
Yves Françoise, conseiller bâtiment à la
chambre d'agriculture de la Manche. « Trop souvent, ce
sont des locaux mal aménagés qui accueillent les
veaux, provoquant des pathologies et des frais vétérinaires
supplémentaires. Face à de tels problèmes,
l'éleveur est contraint d'acheter des génisses
amouillantes à l'extérieur, ce qui fragilise la
rentabilité et la situation sanitaire de son cheptel.
» Une enquête du groupement de défense sanitaire
(GDS) de la Mayenne a montré que la transformation d'un
bâtiment permettait en moyenne de diviser par trois les
problèmes de mortalité (de 7,2 à 2,4 %)
et de morbidité (taux de veaux malades) (de 35,8 à
11,5 %).
Isolement au départ
Juste après sa naissance, le veau est très sensible
aux micro-organismes bactériens (colibacilles) et viraux
(coronavirus, rotavirus). Le logement individuel est préconisé
pendant au moins trois semaines, pour éviter la contamination
des animaux par contact et faciliter leur surveillance.
« Sur le plan sanitaire, la meilleure solution est sans
doute la niche extérieure, à condition de l'orienter
sud-est et de la changer de place entre chaque veau. Elle évite
toute contamination par l'air ambiant ou par contact. Toutefois,
les éleveurs lui préfèrent la case individuelle
sous bâtiment, qui offre le meilleur compromis entre les
résultats techniques et les conditions de travail »,
précise René Herriau, conseiller bâtiment
au GDS de la Mayenne.
Pour trois semaines de présence, la surface de la case
doit être comprise entre 1,6 et 1,8 m2, avec une largeur
de 1 m, pour l'installation de deux porte-seaux (un pour le lait,
l'autre pour l'eau). Si le veau reste dans sa case jusqu'au sevrage,
il a besoin de 2,5 m2 et, éventuellement, d'une courette
extérieure. Il est préférable d'installer
le veau sur un caillebotis paillé, pour l'isoler de l'humidité
et faciliter l'évacuation des jus. Fabriquée en
contreplaqué marine, en PVC ou en polyester, la case doit
être nettoyée et désinfectée au moins
une fois par an.
Après trois semaines d'isolement, le veau possède
ses propres défenses immunitaires et peut être regroupé
avec ses congénères du même âge. Le
logement en cases collectives facilite la conduite jusqu'à
six mois. Chaque case, de 6 ou 8 places, comporte une partie
paillée (2 à 3 m2 par veau) et un quai bétonné
le long du cornadis : 1,20 m de largeur de 0 à 3 mois
et 1,40 m de 3 à 6 mois (voir plan type).
Renouvellement d'air
L'ambiance est souvent le paramètre qui fait la différence
dans une nurserie. Le volume d'air par animal doit être
compris entre 10 (au démarrage) et 15 m3 (au sevrage).
Le veau ne craint pas le froid mais il est sensible aux variations
de température supérieures à 8 °C et
à l'humidité. Une ventilation efficace doit permettre
de renouveler l'air, sans provoquer de courant d'air. Les entrées
d'air (0,1 m2 par veau) sont placées à plus de
2,5 m du sol, en pignon ou en façade, et protégées
par un brise-vent efficace à 90 %. L'air ambiant, chargé
de poussière et d'humidité, est évacué
à travers une cheminée ou une faîtière
ouverte (0,05 m2 par veau). « La ventilation dynamique,
comme dans les ateliers hors sol, est très difficile à
maîtriser. Par contre, je préconise une ventilation
statique améliorée », explique René
Herriau. « On peut l'obtenir en installant un extracteur
d'air dans une cheminée. Dans les bâtiments humides,
c'est un moyen très efficace pour forcer la sortie de
l'air vers l'extérieur et assainir l'ambiance. »
Si une nurserie neuve coûte cher (près de 160
000 F), il est souvent possible, pour un investissement limité,
d'aménager d'anciennes étables afin d'élever
les veaux dans de bonnes conditions. L'achat de quelques cases
individuelles assurera au minimum la survie des animaux. Encore
faut-il que ce soit une priorité. Comme le remarque Yves
Françoise : « Il est indispensable que chaque jeune
agriculteur réfléchisse au logement des veaux avant
de s'installer. Trop souvent, il se focalise sur la salle de
traite ou la stabulation et élude cette partie primordiale.
Il ne faut pas hésiter à faire appel à un
spécialiste pour diagnostiquer l'existant, planifier les
investissements et aborder l'organisation du travail. »
Pour être efficace, une nurserie se doit d'être pratique.
Placée à proximité de la laiterie, elle
doit être accessible aux tracteurs qui apportent le fourrage
et enlèvent le fumier. A l'intérieur, l'aménagement
de couloirs larges et de portillons peuvent faciliter le paillage,
le transport du lait et la manipulation des animaux. Une fois
la pénibilité du travail supprimée, la nurserie
devient un bâtiment agréable pour l'éleveur
et ses veaux. n
Vincent Lasseret
Pour en savoir plus : Bâtiments veaux, génisses
et boeufs (34 p.), chambres d'agriculture du Grand Ouest et Institut
de l'Elevage, Editions Technipel, 01 40 04 51 71. |