N° 553 | SEPTEMBRE 2000

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Principaux produits de lutte contre les limaces

 

 

 

 

 

Grandes Cultures : En bref

 

 

Grandes cultures : Les limaces

Des ennemis à surveiller de près

Les limaces peuvent provoquer des dégâts très importants. Pour les repérer, il est indispensable de les piéger. Plusieurs solutions chimiques existent pour les maîtriser.

Lorsque les premiers dégâts de limaces apparaissent, il est trop tard. Contre ces ravageurs des semis, il est souvent nécessaire d’intervenir en préventif ou dès les toutes premières limaces piégées. Les parcelles à risque, c’est-à-dire implantées en colza, céréales et tournesol ou conduites en techniques culturales simplifiées sont à surveiller en priorité.

En Europe, il existe une quarantaine d’espèces de limaces différentes. Les deux espèces les plus nuisibles en France sont la limace grise (Deroceras reticulatum) et la limace noire (Arion hortensis). Après une attaque de limaces, la disparition de 20 % des plantes est assez courante, et dans les cas extrêmes, des parcelles de colza ou de tournesol peuvent être détruites à 70 ou à 80 %.

« Pour maîtriser les limaces, la première chose à faire est de ne pas favoriser leur développement, insiste le Cetiom. L’agriculteur doit éviter les sols creux ou motteux et les lits de semences riches en résidus de récolte non dégradés ». On a noté une recrudescence d’attaques de limaces avec le recours aux techniques culturales simplifiées. Pour éviter leur prolifération, les préparations très fines du sol avec un léger tassement sont recommandées. Il faut aussi éviter de semer si de mauvaises conditions météorologiques sont prévues(temps frais et pluvieux).

Piéger les limaces

Puisqu’avec les limaces, les traitements disponibles sont avant tout préventifs, les entreprises et les techniciens ont cherché à mettre au point des techniques pour prévoir les risques d’attaques. Il est possible de reconnaître les limaces en surveillant les traces de mucus le matin tôt ou en appliquant des granulés d’antilimaces sur quelques mètres carrés, mais la méthode la plus efficace pour les repérer consiste à les piéger.

Le piège est composé d’un rectangle d’un matériau qui conserve bien l’humidité, d’environ 30 cm sur 40 cm, que l’on pose sur le sol le soir et que l’on arrose avant d’y disposer quelques granulés d’antilimaces. La nuit, les limaces sont attirées par cet abri humide et sont piégées. Il existe plusieurs dispositifs de piégeage qui vont de la simple toile de jute utilisée autrefois en passant par d’autres matériaux comme de la moquette, du carton ondulé... au piège plus élaboré de Bayer. « Il faut prévoir au moins quatre pièges par parcelle car la pression limaces n’y est pas homogène, précise Bruno Pichery, chef de produit molluscicide chez Bayer.

« Le piégeage c’est bien, mais c’est un travail très lourd pour l’agriculteur », reconnaît André Chabert, spécialiste des limaces à l’Acta*. S’il a une parcelle de colza à surveiller, ce n’est pas trop compliqué mais lorsqu’il s’agit de 200 ha de céréales, la tâche est plus ardue, et dans la pratique, les agriculteurs n’arrivent pas à installer 20 pièges dans les grandes parcelles, à les réhumidifier à temps, à les relever... C’est la raison pour laquelle nous essayons d’autres pistes de travail et en particulier les modèles de prévision ».

Les modèles de prévision

Depuis trois ans, le modèle Positif de prédiction des infestations de limaces, mis au point par Aventis et par la Sesma, fonctionne en France. Il s’appuie sur les données météorologiques et sur le cycle physiologique des limaces, précisément sur la maturation des oeufs. Dès que le seuil d’alerte est atteint la Sesma et Aventis avertissent les distributeurs qui informent les agriculteurs.

L’Acta, en liaison avec les autres instituts techniques est en train de mettre au point un autre modèle de prévision des attaques. Il repose sur des données climatiques et des données agronomiques. Bayer travaille également à l’établissement d’une grille agronomique de décision.

Des solutions de lutte biologique commencent à voir le jour, en particulier à partir de nématodes, mais le recours à la chimie est encore indispensable. Elle s’effectue sous forme d’appâts, en général des granulés contenant une matière active molluscicide et un support appétent à base de farine ou d’autres produits d’origine alimentaire. Quatre matières actives sont actuellement disponibles.

Le métaldéhyde est une molécule assez ancienne qui présente un profil assez favorable vis-à-vis de l’environnement, une faible toxicité et une élimination rapide par les acides minéraux du sol. Pour ces raisons, elle est autorisée en culture biologique.

Le bensultap (Malice commercialisé par Jouffray Drillaud) ainsi que deux matières actives de la famille des carbamates, le mercaptodimethur (Mesurol Pro de Bayer) et le thiodicarbe (Skipper d’Aventis) sont également très efficaces. Malice présente, selon la société, un profil écotoxicologique très favorable. Il est formulé sous forme de granulés de plus petite taille à distribuer à raison de 60 à 70 granulés/m2, deux fois plus que les autres produits.

Bayer vient de modifier la formulation de son Mesurol et propose désormais le Mesurol Pro, qui a l’avantage d’être produit par la voie humide. « Ce qui le rend moins friable et plus résistant à l’écrasement et à la pluie grâce à une enveloppe protectrice assez dure, explique Bruno Pichery. C’est aussi un granulé plus petit, ce qui lui permet de se mélanger de façon homogène avec les graines dans le semoir. » Il doit être épandu à raison de 28 granulés/m2.

De Sangosse vient également de lancer une nouvelle formulation de sa métaldéhyde, Magisem, adaptée aux traitements en localisé.

Béatrice Carlier

*Acta : Association de coordination technique agricole.