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Grandes cultures : Les limaces
Des ennemis à
surveiller de près
Les limaces peuvent provoquer des dégâts très
importants. Pour les repérer, il est indispensable de
les piéger. Plusieurs solutions chimiques existent pour
les maîtriser.
Lorsque les premiers dégâts de limaces apparaissent,
il est trop tard. Contre ces ravageurs des semis, il est souvent
nécessaire dintervenir en préventif ou dès
les toutes premières limaces piégées. Les
parcelles à risque, cest-à-dire implantées
en colza, céréales et tournesol ou conduites en
techniques culturales simplifiées sont à surveiller
en priorité.
En Europe, il existe une quarantaine despèces
de limaces différentes. Les deux espèces les plus
nuisibles en France sont la limace grise (Deroceras reticulatum)
et la limace noire (Arion hortensis). Après une attaque
de limaces, la disparition de 20 % des plantes est assez courante,
et dans les cas extrêmes, des parcelles de colza ou de
tournesol peuvent être détruites à 70 ou
à 80 %.
« Pour maîtriser les limaces, la première
chose à faire est de ne pas favoriser leur développement,
insiste le Cetiom. Lagriculteur doit éviter les
sols creux ou motteux et les lits de semences riches en résidus
de récolte non dégradés ». On a noté
une recrudescence dattaques de limaces avec le recours
aux techniques culturales simplifiées. Pour éviter
leur prolifération, les préparations très
fines du sol avec un léger tassement sont recommandées.
Il faut aussi éviter de semer si de mauvaises conditions
météorologiques sont prévues(temps frais
et pluvieux).
Piéger les limaces
Puisquavec les limaces, les traitements disponibles
sont avant tout préventifs, les entreprises et les techniciens
ont cherché à mettre au point des techniques pour
prévoir les risques dattaques. Il est possible de
reconnaître les limaces en surveillant les traces de mucus
le matin tôt ou en appliquant des granulés dantilimaces
sur quelques mètres carrés, mais la méthode
la plus efficace pour les repérer consiste à les
piéger.
Le piège est composé dun rectangle dun
matériau qui conserve bien lhumidité, denviron
30 cm sur 40 cm, que lon pose sur le sol le soir et que
lon arrose avant dy disposer quelques granulés
dantilimaces. La nuit, les limaces sont attirées
par cet abri humide et sont piégées. Il existe
plusieurs dispositifs de piégeage qui vont de la simple
toile de jute utilisée autrefois en passant par dautres
matériaux comme de la moquette, du carton ondulé...
au piège plus élaboré de Bayer. «
Il faut prévoir au moins quatre pièges par parcelle
car la pression limaces ny est pas homogène, précise
Bruno Pichery, chef de produit molluscicide chez Bayer.
« Le piégeage cest bien, mais cest
un travail très lourd pour lagriculteur »,
reconnaît André Chabert, spécialiste des
limaces à lActa*. Sil a une parcelle de colza
à surveiller, ce nest pas trop compliqué
mais lorsquil sagit de 200 ha de céréales,
la tâche est plus ardue, et dans la pratique, les agriculteurs
narrivent pas à installer 20 pièges dans
les grandes parcelles, à les réhumidifier à
temps, à les relever... Cest la raison pour laquelle
nous essayons dautres pistes de travail et en particulier
les modèles de prévision ».
Les modèles de prévision
Depuis trois ans, le modèle Positif de prédiction
des infestations de limaces, mis au point par Aventis et par
la Sesma, fonctionne en France. Il sappuie sur les données
météorologiques et sur le cycle physiologique des
limaces, précisément sur la maturation des oeufs.
Dès que le seuil dalerte est atteint la Sesma et
Aventis avertissent les distributeurs qui informent les agriculteurs.
LActa, en liaison avec les autres instituts techniques
est en train de mettre au point un autre modèle de prévision
des attaques. Il repose sur des données climatiques et
des données agronomiques. Bayer travaille également
à létablissement dune grille agronomique
de décision.
Des solutions de lutte biologique commencent à voir
le jour, en particulier à partir de nématodes,
mais le recours à la chimie est encore indispensable.
Elle seffectue sous forme dappâts, en général
des granulés contenant une matière active molluscicide
et un support appétent à base de farine ou dautres
produits dorigine alimentaire. Quatre matières actives
sont actuellement disponibles.
Le métaldéhyde est une molécule assez
ancienne qui présente un profil assez favorable vis-à-vis
de lenvironnement, une faible toxicité et une élimination
rapide par les acides minéraux du sol. Pour ces raisons,
elle est autorisée en culture biologique.
Le bensultap (Malice commercialisé par Jouffray Drillaud)
ainsi que deux matières actives de la famille des carbamates,
le mercaptodimethur (Mesurol Pro de Bayer) et le thiodicarbe
(Skipper dAventis) sont également très efficaces.
Malice présente, selon la société, un profil
écotoxicologique très favorable. Il est formulé
sous forme de granulés de plus petite taille à
distribuer à raison de 60 à 70 granulés/m2,
deux fois plus que les autres produits.
Bayer vient de modifier la formulation de son Mesurol et propose
désormais le Mesurol Pro, qui a lavantage dêtre
produit par la voie humide. « Ce qui le rend moins friable
et plus résistant à lécrasement et
à la pluie grâce à une enveloppe protectrice
assez dure, explique Bruno Pichery. Cest aussi un granulé
plus petit, ce qui lui permet de se mélanger de façon
homogène avec les graines dans le semoir. » Il doit
être épandu à raison de 28 granulés/m2.
De Sangosse vient également de lancer une nouvelle
formulation de sa métaldéhyde, Magisem, adaptée
aux traitements en localisé.
Béatrice Carlier
*Acta : Association de coordination technique agricole. |