N° 553 | SEPTEMBRE 2000

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France

Pêches et nectarines

Encore un été dramatique

 

Après une année 1999 catastrophique, les producteurs de pêches et de nectarines affrontent à nouveau la crise. La fixation d'un prix minimum en fin de campagne évite le pire.

Le cours des pêches et des nectarines a commencé à chuter dès la fin juin. Les conditions météorologiques, très mauvaises au moment des départs en vacances, ont provoqué un ralentissement général de la consommation intérieure. La production nationale a subi de plein fouet la concurrence des importations espagnoles (bénéficiant d'un faible coût de la main-d'oeuvre) et italiennes (premier producteur européen). Au mois de juillet, avec le jeu des ristournes aux distributeurs, les cours ont plongé à 4,50 F le kilo « départ station » pour les pêches et 5 F pour les nectarines, contre plus de 7 F l'année précédente. Le consommateur n'a pas remarqué cette dégradation du marché puisque la plupart des grandes surfaces affichaient cet été des prix nettement supérieurs à 12 F le kilo.

A la production, le prix de revient se situe en moyenne autour de 4,60 F le kilo (60 % de main-d'oeuvre), auxquels il faut ajouter 2,80 F pour le conditionnement. Les producteurs de pêches et de nectarines doivent faire face à la pression exercée par les centrales d'achats et répondre à des cahiers des charges toujours plus contraignants. Pour réduire au minimum les pertes en rayon, il est fréquent que les grandes surfaces exigent des fruits cueillis trop tôt, au détriment de la qualité et de l'image du produit.

Devant la tournure dramatique de la saison, les arboriculteurs du Sud-Ouest, du Languedoc-Roussillon et du Sud-Est ont organisé fin juillet et début août plusieurs opérations coup de poing pour dénoncer à la fois « les abus de la grande distribution » et l'attentisme des pouvoirs publics « estimant que la pêche n'était pas en crise. » Leurs représentants sont parvenus à rencontrer Jean Glavany le 25 juillet, qui a accepté la proposition de fixer un prix minimum pour la campagne en cours. Cette mesure (voir encadré), présentée comme « exceptionnelle » n'a pu entrer en vigueur que le 12 août. Bien que de courte durée, ce dispositif a démontré son efficacité : redressement des cours d'environ 1 F le kilo, meilleure valorisation des fruits de qualité, maintien des volumes français commercialisés. Forts de ce constat, les producteurs de pommes réclament à leur tour un prix minimum pour l'automne. Leur récolte 2000 s'annonce en hausse de 2 millions de t, après une progression de 22 % en 1999.