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France
Pêches et nectarines
Encore un été
dramatique
Après une année 1999 catastrophique, les
producteurs de pêches et de nectarines affrontent à
nouveau la crise. La fixation d'un prix minimum en fin de campagne
évite le pire.
Le cours des pêches et des nectarines a commencé
à chuter dès la fin juin. Les conditions météorologiques,
très mauvaises au moment des départs en vacances,
ont provoqué un ralentissement général de
la consommation intérieure. La production nationale a
subi de plein fouet la concurrence des importations espagnoles
(bénéficiant d'un faible coût de la main-d'oeuvre)
et italiennes (premier producteur européen). Au mois de
juillet, avec le jeu des ristournes aux distributeurs, les cours
ont plongé à 4,50 F le kilo « départ
station » pour les pêches et 5 F pour les nectarines,
contre plus de 7 F l'année précédente. Le
consommateur n'a pas remarqué cette dégradation
du marché puisque la plupart des grandes surfaces affichaient
cet été des prix nettement supérieurs à
12 F le kilo.
A la production, le prix de revient se situe en moyenne autour
de 4,60 F le kilo (60 % de main-d'oeuvre), auxquels il faut ajouter
2,80 F pour le conditionnement. Les producteurs de pêches
et de nectarines doivent faire face à la pression exercée
par les centrales d'achats et répondre à des cahiers
des charges toujours plus contraignants. Pour réduire
au minimum les pertes en rayon, il est fréquent que les
grandes surfaces exigent des fruits cueillis trop tôt,
au détriment de la qualité et de l'image du produit.
Devant la tournure dramatique de la saison, les arboriculteurs
du Sud-Ouest, du Languedoc-Roussillon et du Sud-Est ont organisé
fin juillet et début août plusieurs opérations
coup de poing pour dénoncer à la fois « les
abus de la grande distribution » et l'attentisme des pouvoirs
publics « estimant que la pêche n'était pas
en crise. » Leurs représentants sont parvenus à
rencontrer Jean Glavany le 25 juillet, qui a accepté la
proposition de fixer un prix minimum pour la campagne en cours.
Cette mesure (voir encadré), présentée comme
« exceptionnelle » n'a pu entrer en vigueur que le
12 août. Bien que de courte durée, ce dispositif
a démontré son efficacité : redressement
des cours d'environ 1 F le kilo, meilleure valorisation des fruits
de qualité, maintien des volumes français commercialisés.
Forts de ce constat, les producteurs de pommes réclament
à leur tour un prix minimum pour l'automne. Leur récolte
2000 s'annonce en hausse de 2 millions de t, après une
progression de 22 % en 1999. |