N° 552 | JUIL/AOUT 2000

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Sommaire

 

 

 

 

Les propositions du rapport

 

 

Les interventions des régions sur le rapport d'orientation

 

 

Priorité aux CCJA

 

 

Discours de clôture :

1- Jean-Luc DUVAL : «Ce que fait l'Etat du CTE est révoltant»

2- Marilyse LEBRANCHU : «Le discours anti-agriculteur est un discours de facilité»

 

Le congrès en image

 

Congrès de Deauville

Rapport d’orientation

 

« Agriculteurs et citoyens :
l’avenir est entre nos mains »

 

OGM, boues, farines animales… Les jeunes se sont positionnés sur de nombreux sujets de sociétés qui conditionnent l’avenir du métier d’agriculteur. Le rapport d’orientation dessine ainsi de nouvelles perspectives et met l’accent sur la communication et l’organisation économique.

Il faut reprendre en main la politique agricole dans un contexte de dérégulation », a déclaré Jean-Alain Divanac’h, en présentant avec Michel Lacoste et Christophe Maginot le rapport d’orientation au congrès de Deauville. Comment ? En répondant aux attentes de la société, répondent les trois rapporteurs, qui dessinent ainsi un nouveau modèle agricole dans un rapport d’orientation qui prend position sur de nombreux débats de société, tels que la sécurité alimentaire, l’environnement ou le bien-être des animaux.

Dossier très sensible, l’environnement, pour lequel « seul un engagement collectif de tous les agriculteurs aura un impact réel ». La réponse des rapporteurs s’appelle « agriculture raisonnée », pour laquelle ils proposent une démarche volontaire et progressive : d’abord « une préqualification, qui selon Christophe Maginot doit permettre de familiariser les agriculteurs avec les principes de l’agriculture raisonnée ; puis la qualification proprement dite des exploitations, qui donnerait droit à un logo « AR » apposé sur les produits. »

Sur la question de la sécurité sanitaire, le rapport demande la création d’une agence européenne, sur le modèle français. Mais c’est sur les OGM, les boues et les farines animales que les débats ont été les plus vifs. Le rapport demande que l’épandage des boues soit suspendu tant qu’un débat public n’aura pas eu lieu.

Quant aux OGM, un amendement demandant leur interdiction pure et simple a été rejeté. Le point de vue qui a prévalu est de suspendre les cultures transgéniques eu égard aux problèmes de dissémination, et de défendre un étiquetage positif (« contient des OGM ») pour garantir la liberté de choix du consommateur. Parallèlement, le rapport demande de renforcer la recherche pour répondre rapidement aux questions posées par les cultures d’OGM.

Sur les farines animales, un amendement de synthèse demande « de tenir compte de l’avis des scientifiques (AFSSA) (...) et de suspendre ces techniques et l’importation de produits susceptibles d’en contenir » (...).

L’ouverture au monde rural prônée par le rapport s’incarne dans la notion de pays. C’est la première fois qu’elle est aussi développée dans un rapport du CNJA, qui considère que « c’est un cadre pertinent de réflexion et de reconnaissance des contributions sociale, environnementale et territoriale de l’activité agricole ». Un sujet relativement consensuel par rapport à un autre aspect de l’ouverture, la pluriactivité, sujet sur lequel les sensibilités se sont exprimées au cours de la séance d’amendement.

A partir de ces propositions qui posent un nouveau cadre agricole, les rapporteurs ont défini la place des jeunes : les deux premiers axes, la formation et l’installation, sont des thèmes traditionnels au CNJA. En revanche, les deux autres axes développés dans le rapport, l’organisation économique et la communication sont plus novateurs. « La communication devient incontournable, estime Michel Lacoste, dans un monde où le faire savoir est le complément indispensable au savoir-faire ». D’autant que « les agriculteurs sont devenus ultra-minoritaires et sont des inconnus pour leurs concitoyens qui ont perdu tout lien avec l’agriculture ». Sur ce plan, le rapport d’orientation rejoint le rapport moral.

Mais c’est l’organisation économique qui a été le thème le plus débattu. Le rapport prône la différenciation basée sur les choix faits plus haut (environnement, sécurité, bien-être animal, etc.) Selon Michel Lacoste, « elle n’a d’intérêt que si elle conduit à la valeur ajoutée ; ce qui passe par une organisation forte (...) qui repose sur quelques idées simples tels que les cahiers des charges, la gestion des volumes et de la qualité, la promotion et bien sûr, la solidarité financière de tous les agriculteurs ». Les rapporteurs ont fait sept propositions qui concernent aussi bien les relations avec la grande distribution (comme l’encadrement des marges) que le renforcement de la coopération, dans laquelle le syndicalisme jeune estime avoir un rôle moteur à jouer. Au terme d’une séance d’amendement un peu plus courte que d’habitude, le rapport d’orientation a été adopté à l’unanimité moins quatorze abstentions.