N° 552 | JUIL/AOUT 2000

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Languedoc-Roussillon

Le foncier viticole de plus en plus cher

 

La flambée des prix du vignoble handicape l'installation des jeunes en Languedoc-Roussillon. Autre conséquence, les domaines tombent entre les mains de sociétés d'investissement.

Les viticulteurs du Languedoc-Roussillon ont pris le virage de la qualité il y a une vingtaine d'années. Des investissements ont été entrepris pour renouveler les vignes et perfectionner les techniques de vinification. Ces efforts sont couronnés de succès mais ils engendrent aujourd'hui une flambée du prix des terres sans précédent. D'après la Safer régionale, l'hectare moyen en appellation d'origine contrôlée (AOC) est passé de 71 000 à 79 000 F en 1999, en hausse de 11 %. Certaines appellations en vogue ont vu le prix de leur foncier multiplié par trois ou quatre en l'espace de dix ans, pour atteindre 200 000 à 250 000 F aujourd'hui.

Même si le vignoble du Languedoc-Roussillon compte toujours parmi les moins chers du territoire, cette flambée de prix décourage nombre de candidats à l'installation. La concurrence est sévère entre les jeunes qui veulent accéder au métier, les gros investisseurs étrangers (italiens et espagnols notamment) et les grandes maisons viticoles bordelaises et bourguignonnes. Jérôme Despey, président du CDJA de l'Hérault, s'insurge devant la surenchère actuelle : « Nous refusons que le vignoble du Languedoc-Roussillon soit uniquement aux mains de sociétés d'investissements. » Aujourd'hui, seuls 20 % des acheteurs sont originaires de la région. Ils étaient 80 % dans les années quatre-vingt.