Sommaire

Fraises de variété Parajo, bien formée (à
droite) et mal formée (à gauche) pour cause de
mauvaise pollinisation

Pour polliniser les melons, cest souvent labeille
domestique Apis mellifera, qui est utilisée |
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Cultures spécialisées : Cultures
maraîchères à fruits
La pollinisation,
une clé de la production
En cultures précoces sous abris, rendement et qualité
des « légumes fruits » peuvent être
affectés par un défaut de pollinisation. L'introduction
d'insectes pollinisateurs, permet souvent de remédier
efficacement à ce problème.
En cultures maraîchères à fruits (tomate,
melon, fraise, courgette), la pollinisation est un paramètre
capital de la production puisqu'elle conditionne la formation
des fruits (hormis chez la plupart des variétés
de concombre et chez certaines variétés de tomate
dites parthénocarpiques, cest-à-dire capables
de produire des fruits sans graine). Or, les insectes, qui sont
les principaux agents pollinisateurs de ces cultures, sont souvent
rares sous abris, voire absents dans les cultures les plus précoces.
De plus, les flux dair y sont généralement
très faibles. Fruits déformés et faibles
rendements peuvent alors être des problèmes rencontrés
par défaut de pollinisation. Bernard Vaissière
de l'Inra d'Avignon en explique les causes : « on sait
depuis longtemps que la taille d'un fruit est étroitement
corrélée au nombre de graines qu'il contient, celui-ci
dépendant directement du niveau de pollinisation. Nous
avons mené des expérimentations sur melon qui ont
en outre montré que le niveau de pollinisation avait un
effet sur la forme des fruits, leur teneur en sucres et leur
qualité gustative. Sur d'autres plantes, une pollinisation
insuffisante ou hétérogène de la fleur se
traduira par des déformations du fruit : courgettes
pointues ou fraises plates par exemple ».
Des colonies dinsectes pour polliniser
Dans des conditions de culture précoce sous abri, il
est donc indispensable de donner un coup de pouce à la
pollinisation en introduisant des colonies dinsectes pollinisateurs,
abeilles ou bourdons selon la culture. Dans la majorité
des cas, on peut utiliser des abeilles domestiques, Apis mellifera.
Celles-ci donnent de bons résultats pour la pollinisation
des courgettes, fraises et melons. Les colonies commerciales
de bourdons de l'espèce Bombus terrestris sont aussi utilisées
sur tomate, dans des conditions climatiques particulières
ou encore lorsquil ny a pas de ruches d'abeilles
disponibles. Par rapport aux abeilles, les bourdons présentent
l'avantage de butiner à des températures basses,
conditions parfois rencontrées en cultures très
précoces. Ils sont particulièrement bien adaptés
pour polliniser la tomate. En effet, les fleurs de tomate ont
la particularité d'avoir une pollinisation de type vibratile
: pour que le pollen sorte des étamines et aille polliniser
le stigmate (partie femelle), il faut faire vibrer la fleur.
Or, les bourdons récoltent spontanément le pollen
des fleurs de tomate en les faisant vibrer. Les abeilles domestiques
n'ont pas cette capacité de faire vibrer les fleurs. Dans
le cas du fraisier, les bourdons peuvent par contre poser des
problèmes. Un surbutinage peut être observé
notamment en période de mauvais temps, lorsque la floraison
se trouve ralentie. Bernard Vaissière explique ce phénomène
: « par manque de pollen, les bourdons vont se mettre à
visiter les fleurs en les vibrant à outrance. Or, la fleur
de fraisier nest pas adaptée au vibrage et ce vibrage
intensif les abîme. Les fleurs donnent alors des fruits
déformés, ou avortent. Sur tomate, ce problème
de surbutinage ne se pose généralement pas de façon
aiguë, sauf très rarement en tout début de
floraison. En effet, la morphologie des fleurs de tomate est
adaptée au vibrage. »
Bien installer les ruches
En règle générale, il convient d'introduire
les insectes pollinisateurs en début de floraison. Les
colonies sont apportées sur fraise lorsque lon a
en moyenne une fleur tous les 10 m de rang environ, lorsque sépanouissent
les premières fleurs femelles sur melon et courgette,
et dès la floraison des premiers bouquets sur tomate.
Sur melon, il est cependant important d'attendre que la plante
soit bien charpentée avant d'introduire les abeilles.
En effet, dès qu'un melon est noué, la croissance
des feuilles et des racines sera ralentie. Si la plante est trop
faible lors de l'apport des pollinisateurs, l'appareil végétatif
risque d'avoir des difficultés à fournir les éléments
nécessaires à la bonne alimentation des fruits.
Ceci aura une incidence directe sur le rendement et la qualité
des melons obtenus.
Concernant l'apport des abeilles, des apiculteurs pratiquent
spécialement la pollinisation des cultures. Ils sont regroupés
au sein de Groupements d'apiculteurs pollinisateurs professionnels
(Grapp Méditerranée, Midi-Pyrénées
et Rhône-Alpes). Les abeilles sont fournies en ruchettes,
qui sont de petites ruches avec cinq cadres contenant une colonie
allant de 5000 à 10000 individus. Le coût de «
location » est généralement d'environ 250
F par ruchette et par mois. Pour que l'activité de butinage
ne soit pas interrompue en cas de mauvais temps ou de vent, ces
ruchettes devront être placées à l'intérieur
de l'abri. Il est préférable de les disposer de
telle façon que les abeilles aient à survoler la
culture pour faciliter le repérage des premières
fleurs (sachant que les abeilles se dirigent vers la lumière
donc vers le sud) et que leur entrée soit orientée
vers le soleil levant et vers l'intérieur de l'abri. Par
exemple, pour une structure orientée nord-sud, il est
recommandé de placer la ruchette d'abeilles dans l'angle
nord-ouest de la structure avec l'entrée orientée
vers l'est. Il est aussi préférable de les mettre
sur un support plutôt quà même le sol,
souvent froid au matin.
Protéger les butineurs
Enfin, il est conseillé deffectuer une ouverture
d'environ 15-20 cm de diamètre dans le film plastique
de l'abri à proximité de lentrée de
la ruche pour que les abeilles puissent aller à l'extérieur.
Afin d'éviter les pertes de butineuses et lorsquil
y a de nombreux tunnels disposés côte à côte,
il peut encore être utile de faire des repères de
couleur sur le plastique proche de l'entrée extérieure
pour faciliter le repérage des abeilles. Sil ny
a pas de point deau disponible à proximité
des abris, il faudra placer près de la ruche un seau d'eau
avec un morceau d'éponge afin que les abeilles puissent
s'y abreuver. Celles-ci y prélèvent l'eau pour
élever les jeunes (le couvain) et réguler la température
de la ruche.
Quant aux bourdons, ils sont disponibles tout au long de l'année
auprès de plusieurs fournisseurs, en particulier ceux
qui distribuent des auxiliaires des cultures. Le coût des
colonies de bourdons varie de 250 à 500 F, selon leur
taille (contenant de 40 à 80 individus à la livraison).
Généralement installée au centre de l'abri,
la ruchette de bourdons doit être surélevée
et abritée dans la végétation ou par une
plaque de polystyrène, car les bourdons craignent particulièrement
les températures élevées (supérieures
à 30°C).
Les températures excessives sont également néfastes,
non seulement pour les abeilles, mais encore pour la qualité
du pollen et la fécondation des fleurs. Il est donc indispensable
de bien aérer les abris. Enfin, il faut penser quabeilles
et bourdons sont vivants. Il faut donc les protéger !
Pendant la période de pollinisation active, il est préférable
d'éviter les traitements phytosanitaires. Anne Capy de
l'Association provençale de recherche et d'expérimentation
légumière et Daniel Izard du Groupement de développement
agricole en culture sous abris de la chambre d'Agriculture du
Vaucluse conseillent : « lors d'une intervention, il est
possible de fermer et sortir les ruchettes de bourdons, mais
pour une période n'excédant pas un ou deux jours.
Pour les abeilles, n'utiliser que des produits non toxiques autorisés
en période de floraison, traiter le soir et demander conseil
à lapiculteur. »
Mériam Espuna |
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Cultures spécialisées : Cultures
maraîchères à fruits
La pollinisation,
une clé de la production
En cultures précoces sous abris, rendement et qualité
des « légumes fruits » peuvent être
affectés par un défaut de pollinisation. L'introduction
d'insectes pollinisateurs, permet souvent de remédier
efficacement à ce problème.
En cultures maraîchères à fruits (tomate,
melon, fraise, courgette), la pollinisation est un paramètre
capital de la production puisqu'elle conditionne la formation
des fruits (hormis chez la plupart des variétés
de concombre et chez certaines variétés de tomate
dites parthénocarpiques, cest-à-dire capables
de produire des fruits sans graine). Or, les insectes, qui sont
les principaux agents pollinisateurs de ces cultures, sont souvent
rares sous abris, voire absents dans les cultures les plus précoces.
De plus, les flux dair y sont généralement
très faibles. Fruits déformés et faibles
rendements peuvent alors être des problèmes rencontrés
par défaut de pollinisation. Bernard Vaissière
de l'Inra d'Avignon en explique les causes : « on sait
depuis longtemps que la taille d'un fruit est étroitement
corrélée au nombre de graines qu'il contient, celui-ci
dépendant directement du niveau de pollinisation. Nous
avons mené des expérimentations sur melon qui ont
en outre montré que le niveau de pollinisation avait un
effet sur la forme des fruits, leur teneur en sucres et leur
qualité gustative. Sur d'autres plantes, une pollinisation
insuffisante ou hétérogène de la fleur se
traduira par des déformations du fruit : courgettes
pointues ou fraises plates par exemple ».
Des colonies dinsectes pour polliniser
Dans des conditions de culture précoce sous abri, il
est donc indispensable de donner un coup de pouce à la
pollinisation en introduisant des colonies dinsectes pollinisateurs,
abeilles ou bourdons selon la culture. Dans la majorité
des cas, on peut utiliser des abeilles domestiques, Apis mellifera.
Celles-ci donnent de bons résultats pour la pollinisation
des courgettes, fraises et melons. Les colonies commerciales
de bourdons de l'espèce Bombus terrestris sont aussi utilisées
sur tomate, dans des conditions climatiques particulières
ou encore lorsquil ny a pas de ruches d'abeilles
disponibles. Par rapport aux abeilles, les bourdons présentent
l'avantage de butiner à des températures basses,
conditions parfois rencontrées en cultures très
précoces. Ils sont particulièrement bien adaptés
pour polliniser la tomate. En effet, les fleurs de tomate ont
la particularité d'avoir une pollinisation de type vibratile
: pour que le pollen sorte des étamines et aille polliniser
le stigmate (partie femelle), il faut faire vibrer la fleur.
Or, les bourdons récoltent spontanément le pollen
des fleurs de tomate en les faisant vibrer. Les abeilles domestiques
n'ont pas cette capacité de faire vibrer les fleurs. Dans
le cas du fraisier, les bourdons peuvent par contre poser des
problèmes. Un surbutinage peut être observé
notamment en période de mauvais temps, lorsque la floraison
se trouve ralentie. Bernard Vaissière explique ce phénomène
: « par manque de pollen, les bourdons vont se mettre à
visiter les fleurs en les vibrant à outrance. Or, la fleur
de fraisier nest pas adaptée au vibrage et ce vibrage
intensif les abîme. Les fleurs donnent alors des fruits
déformés, ou avortent. Sur tomate, ce problème
de surbutinage ne se pose généralement pas de façon
aiguë, sauf très rarement en tout début de
floraison. En effet, la morphologie des fleurs de tomate est
adaptée au vibrage. »
Bien installer les ruches
En règle générale, il convient d'introduire
les insectes pollinisateurs en début de floraison. Les
colonies sont apportées sur fraise lorsque lon a
en moyenne une fleur tous les 10 m de rang environ, lorsque sépanouissent
les premières fleurs femelles sur melon et courgette,
et dès la floraison des premiers bouquets sur tomate.
Sur melon, il est cependant important d'attendre que la plante
soit bien charpentée avant d'introduire les abeilles.
En effet, dès qu'un melon est noué, la croissance
des feuilles et des racines sera ralentie. Si la plante est trop
faible lors de l'apport des pollinisateurs, l'appareil végétatif
risque d'avoir des difficultés à fournir les éléments
nécessaires à la bonne alimentation des fruits.
Ceci aura une incidence directe sur le rendement et la qualité
des melons obtenus.
Concernant l'apport des abeilles, des apiculteurs pratiquent
spécialement la pollinisation des cultures. Ils sont regroupés
au sein de Groupements d'apiculteurs pollinisateurs professionnels
(Grapp Méditerranée, Midi-Pyrénées
et Rhône-Alpes). Les abeilles sont fournies en ruchettes,
qui sont de petites ruches avec cinq cadres contenant une colonie
allant de 5000 à 10000 individus. Le coût de «
location » est généralement d'environ 250
F par ruchette et par mois. Pour que l'activité de butinage
ne soit pas interrompue en cas de mauvais temps ou de vent, ces
ruchettes devront être placées à l'intérieur
de l'abri. Il est préférable de les disposer de
telle façon que les abeilles aient à survoler la
culture pour faciliter le repérage des premières
fleurs (sachant que les abeilles se dirigent vers la lumière
donc vers le sud) et que leur entrée soit orientée
vers le soleil levant et vers l'intérieur de l'abri. Par
exemple, pour une structure orientée nord-sud, il est
recommandé de placer la ruchette d'abeilles dans l'angle
nord-ouest de la structure avec l'entrée orientée
vers l'est. Il est aussi préférable de les mettre
sur un support plutôt quà même le sol,
souvent froid au matin.
Protéger les butineurs
Enfin, il est conseillé deffectuer une ouverture
d'environ 15-20 cm de diamètre dans le film plastique
de l'abri à proximité de lentrée de
la ruche pour que les abeilles puissent aller à l'extérieur.
Afin d'éviter les pertes de butineuses et lorsquil
y a de nombreux tunnels disposés côte à côte,
il peut encore être utile de faire des repères de
couleur sur le plastique proche de l'entrée extérieure
pour faciliter le repérage des abeilles. Sil ny
a pas de point deau disponible à proximité
des abris, il faudra placer près de la ruche un seau d'eau
avec un morceau d'éponge afin que les abeilles puissent
s'y abreuver. Celles-ci y prélèvent l'eau pour
élever les jeunes (le couvain) et réguler la température
de la ruche.
Quant aux bourdons, ils sont disponibles tout au long de l'année
auprès de plusieurs fournisseurs, en particulier ceux
qui distribuent des auxiliaires des cultures. Le coût des
colonies de bourdons varie de 250 à 500 F, selon leur
taille (contenant de 40 à 80 individus à la livraison).
Généralement installée au centre de l'abri,
la ruchette de bourdons doit être surélevée
et abritée dans la végétation ou par une
plaque de polystyrène, car les bourdons craignent particulièrement
les températures élevées (supérieures
à 30°C).
Les températures excessives sont également néfastes,
non seulement pour les abeilles, mais encore pour la qualité
du pollen et la fécondation des fleurs. Il est donc indispensable
de bien aérer les abris. Enfin, il faut penser quabeilles
et bourdons sont vivants. Il faut donc les protéger !
Pendant la période de pollinisation active, il est préférable
d'éviter les traitements phytosanitaires. Anne Capy de
l'Association provençale de recherche et d'expérimentation
légumière et Daniel Izard du Groupement de développement
agricole en culture sous abris de la chambre d'Agriculture du
Vaucluse conseillent : « lors d'une intervention, il est
possible de fermer et sortir les ruchettes de bourdons, mais
pour une période n'excédant pas un ou deux jours.
Pour les abeilles, n'utiliser que des produits non toxiques autorisés
en période de floraison, traiter le soir et demander conseil
à lapiculteur. »
Mériam Espuna |
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