N° 551 | JUIN 2000

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France

Fiscalité agricole

Un rapport pour une réforme

 

La fiscalité est de plus en plus en contradiction avec les nouvelles missions imparties à l’activité agricole. Un rapport parlementaire lance des pistes de réforme. Elles risquent d’achopper sur des contraintes budgétaires.

La fiscalité française actuelle date en gros du milieu du siècle. Est-elle encore adaptée à la réalité actuelle ? Chacun sent bien que non. Et notamment la fiscalité agricole, restée inchangée alors que la proportion de paysans dans la population active est passée de 80 à moins de 6 %, et que les réalités du métier et de l’économie rurale se sont radicalement transformées.

C’est pourquoi le gouvernement a commandé un rapport sur « les adaptations à apporter à la fiscalité agricole et au mode de calcul des cotisations sociales ». Les deux députés rapporteurs, Béatrice Marre (PS Oise) et Jérôme Cahuzac (PS Lot-et-Garonne), ont remis leur copie le mois dernier.

Première constatation : « les insuffisances de cette fiscalité, au regard de l’équité comme à celui de la pertinence économique de l’outil fiscal ». La France, ajoutent les deux rapporteurs « s’est profondément transformée. Transformation économique, une plus grande richesse globale, mais des inégalités criantes. Transformation sociale, un meilleur niveau de protection, mais des exigences légitimes croissantes, et largement insatisfaites ».

Il s’agit donc d’aller vers une meilleure adaptation de la fiscalité agricole à l’économie rurale actuelle, une « modernisation du droit, en cohérence avec le choix de société actuel : l’allègement des prélèvements obligatoires pour favoriser la création d’emplois ».

S’ensuit un long catalogue de propositions, très techniques, dont certaines doivent, à court terme, enclencher cette adaptation :

La séparation nette du capital foncier, du capital d’exploitation et des revenus du travail ; l’exonération des plus-values de cession sans flux financier des terres agricoles maintenues en exploitation ; un taux réduit (0,6 %) de droit d’enregistrement sur les ventes de foncier pour les jeunes installations aidées et les signataires de CTE ; l’évolution de la déduction fiscale pour investissement vers le soutien exclusif du capital d’exploitation, son financement, sa constitution ou son renouvellement ; faire du régime simplifié agricole de TVA de régime de droit commun des agriculteurs (sauf pour ceux dont le total des recettes est inférieur à 300 000 F) ; favoriser le plus possible les possibilités de réserves d’autofinancement, supprimer le mode d’évaluation de la valeur des stocks d’après le cours du jour.

Pour l’essentiel, ces mesures étaient réclamées de longue date par la profession agricole. Reste qu’elles ont un coût, et qu’elles risquent de ne pas franchir l’obstacle de Bercy. La loi de finances permettra à l’automne de savoir si ce rapport a été vraiment entendu