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PMPOA
Le rapport sort
du placard
Commandé par le gouvernement, le rapport sur le
programme de maîtrise des pollutions dorigine agricole
était resté dans un placard. Le voici maintenant
en pleine actualité.
«Dérive financière
mais impact sur lenvironnement incertain », «
dysfonctionnements », « négligences »,
« erreurs dappréciation » « régularisations
de situations illégales » ; cest un rapport
au vitriol qua concocté lInspection générale
des finances sur le PMPOA (Programme de maîtrise des pollutions
dorigine agricole). Selon ce rapport, en cinq ans de fonctionnement,
ce programme a vu senvoler son coût - de 7,3 à
15,3 milliards de F- sans pour autant parvenir à stopper
la lente dégradation de leau. Et lextension
prévue à partir de 2002 aux petits élevages
(moins de 70 Unités de gros bétail) devrait porter
le montant total à 27 milliards de F, dont 18 de financement
public, « sans que lassujetissement des élevages
semble avoir été envisagé pour linstant.
». Enfin, toujours selon les rapporteurs «
lintensité des aides » apportées
par les pouvoirs publics à des taux supérieurs
au plafond autorisé « peut être mise en
cause au regard du Droit communautaire », avec un risque
dune action en restitution par Bruxelles des sommes considérées
comme excessives.
Ce rapport musclé avait été commandé
en avril 1999 par les ministères de lAgriculture,
des Finances et de lEnvironnement, il était remis.
trois mois plus tard aux ministres commanditaires, qui, après
lavoir lu, auraient proposé un nombre damendements
et de modifications. Refus des rapporteurs dintégrer
ces corrections ministérielles dans le corps de leur texte.
Du coup, le gouvernement aurait décidé le secret.
Aux demandes de diverses instances et des OPA qui le savaient
en préparation et qui demandaient à en prendre
connaissance, le gouvernement a répondu quil ne
sagissait que dun document de travail à usage
interne.
Laffaire a été sortie de lombre
par lagence économique Agra-presse et par
France-Soir.
Passés les habituels couplets dindignation sur
les fuites, les indiscrétions et les mauvaises manières
des journalistes, la publication de ce rapport dans son intégralité
est maintenant réclamée par les organisations professionnelles. |