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Assises de la distribution
Une première
étape a été franchie
Pendant les Assises de la distribution,
le CNJA et la FNSEA ont manifesté pour que lEtat
joue son rôle dans les relations entre producteurs et distributeurs.
Le message semble avoir été entendu par le gouvernement.
Reste à concrétiser rapidement les engagements.
Alors quils sont bien souvent
les premiers maillons de la chaîne agro-alimentaire, les
agriculteurs nétaient pas représentés
aux Assises de la distribution, organisées par le premier
ministre le 14 janvier. « Ce ne sont pas les organisations
agricoles qui les ont boycottés mais le gouvernement qui
a boycotté les organisations syndicales représentatives
et les producteurs », a précisé Pascal
Coste. Pourtant, le CNJA et la FNSEA ont été bien
présents dans le débat. « Chacun doit
pouvoir vivre dignement de son métier. On ne peut pas
demander de faire plus de qualité et de sécurité
alimentaire et en même temps ne pas réguler les
pratiques entre la distribution et les producteurs »,
a expliqué le président du CNJA. La veille, le
syndicat jeune avait envoyé une facture de 16 milliards
de francs à la grande distribution, représentant
« la part que les distributeurs avait pris directement
dans la poche des producteurs en 1999 par des pratiques commerciales
abusives ». Car ce sont bien les pratiques illicites
de laval agro-alimentaire et labus de position dominante
que dénoncent le CNJA et la FNSEA. Ils en appellent à
lEtat, « qui doit être présent pour
réguler, protéger les plus faibles face au rouleau
compresseur de la grande distribution ». Pendant la
tenue des Assises, les deux syndicats ont tenu une conférence
de presse pour justifier leurs propositions (voir lencadré
ci-contre) et organisé une distribution de pommes dans
les gares parisiennes pour expliquer le combat inégal
qui oppose le producteur au distributeur. Il semble que le message
du monde agricole ait été entendu, tant par le
grand public parisien que par le Premier ministre. Laprès-midi,
en conclusion des Assises, Lionel Jospin a annoncé que
lEtat interviendrait pour réguler les relations
entre les fournisseurs et la grande distribution. De nouvelles
règles seront élaborées en suivant «
trois orientations : corriger les déséquilibres
les plus marqués, prévenir les abus quils
rendent possibles, garantir que ces actes soient sanctionnés
». Concrètement, les relations fournisseurs-distributeurs
seront contrôlées par un Conseil de la concurrence
aux pouvoirs élargis. Une Commission des pratiques commerciales
et des relations contractuelles sera créée. Les
abus seront mieux définis et sanctionnés. Le ministre
de lEconomie et des Finances aura le pouvoir de se substituer
au fournisseur pour le défendre. Quant aux promotions
sur catalogues, elles seront encadrées. et létablissement
dun contrat deviendra systématique. « Ce
sont de bonnes orientations mais une première étape
», a déclaré Pascal Coste à lissue
des Assises. A suivre, donc. |