N° 547 | FEVRIER 2000

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Assises de la distribution

Une première étape a été franchie

Pendant les Assises de la distribution, le CNJA et la FNSEA ont manifesté pour que l’Etat joue son rôle dans les relations entre producteurs et distributeurs. Le message semble avoir été entendu par le gouvernement. Reste à concrétiser rapidement les engagements.

Alors qu’ils sont bien souvent les premiers maillons de la chaîne agro-alimentaire, les agriculteurs n’étaient pas représentés aux Assises de la distribution, organisées par le premier ministre le 14 janvier. « Ce ne sont pas les organisations agricoles qui les ont boycottés mais le gouvernement qui a boycotté les organisations syndicales représentatives et les producteurs », a précisé Pascal Coste. Pourtant, le CNJA et la FNSEA ont été bien présents dans le débat. « Chacun doit pouvoir vivre dignement de son métier. On ne peut pas demander de faire plus de qualité et de sécurité alimentaire et en même temps ne pas réguler les pratiques entre la distribution et les producteurs », a expliqué le président du CNJA. La veille, le syndicat jeune avait envoyé une facture de 16 milliards de francs à la grande distribution, représentant « la part que les distributeurs avait pris directement dans la poche des producteurs en 1999 par des pratiques commerciales abusives ». Car ce sont bien les pratiques illicites de l’aval agro-alimentaire et l’abus de position dominante que dénoncent le CNJA et la FNSEA. Ils en appellent à l’Etat, « qui doit être présent pour réguler, protéger les plus faibles face au rouleau compresseur de la grande distribution ». Pendant la tenue des Assises, les deux syndicats ont tenu une conférence de presse pour justifier leurs propositions (voir l’encadré ci-contre) et organisé une distribution de pommes dans les gares parisiennes pour expliquer le combat inégal qui oppose le producteur au distributeur. Il semble que le message du monde agricole ait été entendu, tant par le grand public parisien que par le Premier ministre. L’après-midi, en conclusion des Assises, Lionel Jospin a annoncé que l’Etat interviendrait pour réguler les relations entre les fournisseurs et la grande distribution. De nouvelles règles seront élaborées en suivant « trois orientations : corriger les déséquilibres les plus marqués, prévenir les abus qu’ils rendent possibles, garantir que ces actes soient sanctionnés ». Concrètement, les relations fournisseurs-distributeurs seront contrôlées par un Conseil de la concurrence aux pouvoirs élargis. Une Commission des pratiques commerciales et des relations contractuelles sera créée. Les abus seront mieux définis et sanctionnés. Le ministre de l’Economie et des Finances aura le pouvoir de se substituer au fournisseur pour le défendre. Quant aux promotions sur catalogues, elles seront encadrées. et l’établissement d’un contrat deviendra systématique. « Ce sont de bonnes orientations mais une première étape », a déclaré Pascal Coste à l’issue des Assises. A suivre, donc.