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Séminaire Ceja sur
linstallation
Une politique européenne reste à
bâtir
Il reste beaucoup à
faire pour que linstallation soit une véritable
politique européenne. Au séminaire de Cahors, les
travaux ont permis davancer des pistes daction.
En tenant leur séminaire sur
linstallation à Cahors (du 20 au 23 janvier), les
jeunes du Centre européen des jeunes agriculteurs (Ceja),
accueillis par le CDJA du Lot, étaient en terrain conquis.
La région Midi-Pyrénées mène en effet
depuis cinq ans une politique volontariste qui a permis de passer
de 612 installations aidées en 1994 à 827 en 1998.
Marianne Dutoit, présidente du CRJA, a expliqué
le dispositif très complet de la région à
une centaine de jeunes agriculteurs européens venus de
tous les pays de lUnion européenne, et même
au-delà : le séminaire du Ceja a accueilli
des délégations de République tchèque,
de Pologne, de Hongrie et de Chypre. Force est de constater que
la prise de conscience de limportance de la relève
des générations nest pas la même dans
tous les pays. La France fait dailleurs figure dexception
par lampleur de sa politique dinstallation
illustrée par des intervenants des Safer, du Cnasea, du
Crédit agricole, du ministère de lAgriculture,
etc. , et par son efficacité : 97 % de taux
de réussite des installations après dix ans. Ce
dispositif a impressionné les participants, mais nombre
dentre eux considèrent linstallation des jeunes
comme une conséquence de la politique agricole plutôt
quune fin en soi. De fait, au-delà de la politique
dinstallation en tant que telle, les débats ont
surtout porté sur les freins à linstallation
qui sont le point commun à tous les pays : la formation
des jeunes, laccès au foncier et les droits à
produire. Animée par Eric Trochon et Jérôme
Despey, administrateurs du CNJA, une table ronde consacrée
à la formation a montré que globalement, les jeunes
de lUE avaient aujourdhui un bon bagage, mais que
larticulation avec linstallation faisait souvent
défaut. Cest pourquoi de nombreuses questions ont
porté sur le stage six mois, initiative spécifique
à la France, qui permet au jeune de mûrir son projet
dinstallation en se confrontant à un contexte agricole
radicalement différent.
Quant à la seconde table ronde,
consacrée aux droits à produire, elle a montré
à quel point les situations étaient variables dun
pays à lautre. A côté dune France
où les droits ne sont pas marchands et restent administrés,
les Pays-Bas ont fait le choix inverse. Comme le constate un
interlocuteur néerlandais, « il y a dun
côté les entreprises qui peuvent acquérir
les droits et se développent très bien ; de
lautre celles pour qui les droits sont trop chers et qui
décrochent. Ainsi, 25 % des agriculteurs néerlandais
vivent aujourdhui au-dessous du seuil de pauvreté.
Et pour ceux qui sont non agriculteurs, il est quasiment impossible
dacquérir des droits et donc de sinstaller
». Les droits à produire marchands sont donc
devenus un réel problème, « qui finit
par créer des distorsions agricoles insupportables dans
un marché unique », a constaté un participant
grec.
Pascal Coste a aussi apporté
sa contribution au débat en proposant détendre
les aides à linstallation à tous les secteurs
car « la politique de linstallation ne peut être
confondue avec une politique de maîtrise de la production
». Il en a appelé à « une politique
européenne de droits à produire non marchands,
déliés du foncier » et à la «
nécessité de renforcer les organisations comme
le Ceja pour que les jeunes pèsent au niveau européen
». Une transition toute faite pour Arnold Puech dAlissac,
président du Ceja, qui, en synthèse des travaux,
a dressé ce qui pourrait constituer un jour lébauche
dune vraie politique pour le renouvellement des exploitations
agricoles dans lUnion. LEurope de linstallation
est peut-être née à Cahors. |