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Les relations avec
la distribution,un vrai travail syndical
A fixer des rendez-vous longtemps à
lavance, on court le risque de décevoir les invités
et, plus encore, doffenser ceux qui découvrent au
dernier moment quils ne le sont pas ! Cest ce
qui vient darriver aux pouvoirs publics lors de la tenue
des Assises de la distribution et du commerce.
A peine consultés pour préparer ces Assises,
nous navons appris quen recevant les cartons dinvitation
que nous nétions carrément pas prévus
au programme. Inacceptable ! surtout quand on a été
les premiers à réclamer une vraie mise à
plat des relations producteurs distributeurs et producteurs
transformateurs. La réaction du CNJA se devait
dêtre vive, et de frapper les esprits.
Doù notre position prise à la veille de
ces Assises : dressant le constat dun abus de position
dominante de la part de laval agroalimentaire, le CNJA
réclame :
Labolition pure et simple des ristournes ;
Le contrôle des pratiques de coopération
commerciale dont les abus doivent être rendus pénalement
sanctionnables ;
Un moratoire sur lextension des GMS ;
Lencadrement de leurs marges, afin de mettre
un terme aux écarts exorbitants que lon constate
régulièrement entre prix payé au producteur
et prix à la consommation, notamment sur les produits
frais.
Doù, également, la facture envoyée
à chaque enseigne de grande distribution : dun
montant total de plus de seize milliards de francs, elle ne représentait
jamais que 5,5 % du CA alimentaire cumulé de toutes les
enseignes de grande distribution
pourcentage de chiffre
daffaires régulièrement appliqué par
ces mêmes enseignes pour déterminer le montant des
ristournes quelles arrachent à leurs fournisseurs.
Cette pression syndicale est en train de payer. Il semble
que le gouvernement, après avoir fait preuve dun
amateurisme consternant dans la préparation des Assises,
ait pris conscience du rôle que peuvent, et que veulent
jouer les agriculteurs dans la tenue de ce débat qui nous
concerne au premier chef. Lionel Jospin a, dans ses annonces,
largement repris ce que la profession proposait.
Mais comme le dit ladage, les promesses nengagent
que ceux qui les écoutent, et nous devons rester vigilants.
Le Premier ministre doit savoir quil est attendu au tournant.
Pour se faire entendre, il faut décidément,
parfois, monter le ton. Mais pour réfléchir et
pour travailler efficacement, il est plus utile de se concentrer
sereinement. Il y a un temps pour tout. Les entreprises de laval
agroalimentaire doivent savoir que notre volonté nest
pas de les traîner dans la boue à qui mieux mieux :
ne versons pas dans cette démagogie que nous reprochons
si souvent à ceux qui nous gouvernent.
Maintenant que ces laborieuses Assises sont passées,
veillons à ce que les relations entre les maillons de
la filière soient assainies durablement en faisant jouer
à lEtat tout son rôle, mais rien que son rôle.
Je le rappelle : nous nattendrons pas tout de lEtat,
loin de là. Cest, du reste, pour cette raison que
nous poursuivons notre travail engagé dans le cadre de
Terre Attitude, lieu de rencontre inédit entre des acteurs
qui ont plutôt lhabitude de ne pas se comprendre
et de diverger dans leurs approches. Sachons travailler pour
le long terme : lavenir de notre métier passe
par celui de toute la chaîne dont nous ne sommes que lun
des maillons, même si, à bien des égards,
cest le maillon principal.
P.-S. : à ce jour, aucune enseigne ne nous
a réglé la facture que nous lui avons fait parvenir
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