N° 546 | JANVIER 2000

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Faciliter le travail de l’éleveur

 

La surveillance préalable au vêlage permet d’accroître le confort de vie de l’éleveur en évitant des déplacements nocturnes inutiles. Appareils de monitoring et caméras de vidéo-surveillance se répandent.

La surveillance des vêlages est l’une des tâches les plus contraignantes en élevage bovin. Pour améliorer le confort de l’élevage tout en détectant les vêlages potentiellement difficiles, plusieurs techniques sont disponibles.

« Il y a de plus en plus d’animaux par exploitation et de moins en moins de personnel pour s’en occuper. Que ce soit pour une question économique (ne pas perdre de veaux) ou pour une question de confort (ne pas passer ses nuits debout), la vidéo-surveillance s’est largement développée dans les élevages laitiers et allaitants », explique Albert Louvigny, dirigeant de Camo en Belgique. Il raconte : « Fils d’éleveur, j’ai bricolé ma première caméra de surveillance pour mon père il y a plus de trente ans ». Depuis, le nombre de caméras disponibles sur le marché français s’est largement accru. Elles s’appuient toujours sur le même principe : visualiser l’animal pour vérifier, de chez soi, son comportement. L’image est transmise au récepteur par le réseau hertzien. « Ces matériels sont particulièrement appréciés par les éleveurs de vaches allaitantes chez lesquels les vêlages sont regroupés sur deux ou trois mois d’hiver. La concentration de ces vêlages dans un temps très court impose quasiment à l’éleveur de se lever toutes les nuits. Avec la vidéo-surveillance, il évite de sortir inutilement dans de mauvaises conditions », souligne-t-on chez Detecvel.

 

Un marché qui se structure

Plusieurs sociétés proposent des matériels de ce type, qu’il s’agisse de Camo, DMPS, EFE, Camerail, Detecvel, Alpha Laval … Chacune se positionne sur un type de marché (vaches allaitantes ou vaches laitières, zone géographique, avec ou sans son, zoom couleur ou non, sensibilité dans l’obscurité …), mais les gammes se ressemblent et les prix s’étagent entre 5000 F HT et 30 000 F HT. Selon son besoin, l’éleveur va choisir entre la caméra fixe pour la surveillance d’un ou de deux boxes, la caméra sur tourelle pour les stabulations libres (rotation à 360°, et de haut en bas) ou la caméra sur rail (pour les stabulations entravées). Avant l’achat, il faut bien vérifier la présence d’un zoom, la puissance d’éclairage, la protection contre le milieu (poussières en particulier), la transmission du signal (attention aux collines) et le montant de l’installation. La majeure partie des éleveurs choisit d’installer eux-mêmes leur matériel. Il faut alors prendre garde au montage, en particulier des rails.

La détection du vêlage permet également de réduire les sorties inutiles. Elle peut s’effectuer directement sur les animaux. « La surveillance visuelle est la plus évidente et la plus traditionnelle », explique Pierre Pacard (Institut de l’Elevage). Il s’agit toujours d’estimer l’avancement du vêlage et donc de prévoir si l’on peut, ou non, prendre quelques heures de tranquillité en prenant la température (elle chute juste avant le vêlage) et en vérifiant la congestion vulvaire et celle de la mamelle. Les sondes intravaginales ne sont guère présentes sur le terrain. Il fut question un moment de suivre la durée durant laquelle la vache tenait sa queue soulevée, un signe de l’imminence du vêlage, mais cette technique est aujourd’hui peu pratiquée.

 

Enregistrer les contractions

Par contre, en septembre dernier, le Space primait Agritonics International pour la nouvelle version de son appareil de monitoring. « Le monitoring, dérivé de la méthode médicale utilisée pour suivre une grossesse, permet de mesurer en continu l’activité musculaire de la vache en différenciant bien les contractions du reste de son activité. Un boîtier électronique est fixé sur le dos de l’animal par une sorte de harnais. Il analyse l’évolution dynamique du processus des contractions en intensité, en durée, en fréquence. Lorsque ces contractions atteignent un plateau, la phase d’expulsion démarre. Le système communique alors avec le boîtier posé sur la table de nuit de l’éleveur et l’avertit en lui précisant le numéro du harnais et donc de la vache concernée », explique Francis Jasper, dirigeant de Agritonics International. Le monitoring est encore plus utile en cas de vêlage difficile : en cas de torsion de la matrice, par exemple, les contractions augmentent jusqu’au moment ou le veau aurait dû s’engager. Puis, comme le passage est impossible, elles s’arrêtent. C’est alors que l’éleveur reçoit un second type de message d’alerte, afin de prévenir un vêlage difficile qu’il aurait eu du mal à repérer visuellement.

Lors du vêlage lui-même, le travail peut être facilité par l’aménagement d’une aire paillée propre et séparée. « Pour aider le vétérinaire en cas de césarienne, il est important aussi de préparer la vache en la rasant et en la nettoyant », rappelle Bénédicte Grimard de la chaire de reproduction de l’Ecole nationale vétérinaire de Maisons-Alfort. « Il est important d’appeler le vétérinaire assez tôt s’il est nécessaire de pratiquer une césarienne car l’éleveur réduit alors d’autant les chances de survie du veau s’il commence à tirer. »

Les vêleuses elles-mêmes ont peu évolué ces dernières années : il s’agit toujours d’attacher les pattes du veau et de s’appuyer sur le bassin de la mère pour tirer. « Nous proposons deux vêleuses : un pour les vaches de races allaitantes, l’autre pour les vaches laitières, dont les vêlages sont plus faciles. L’opérateur tire une patte puis l’autre, ce qui facilite le déblocage d’une situation d’extraction difficile », explique Vincent Smagghe, en charge de ces marchés chez Alpha Laval Agri. La différence de ce matériel avec les vêleuses classiques tient dans le support qui entoure l’arrière-train de l’animal et évite donc que l’appareil ne glisse.

YANNE BOLOH