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Faciliter le travail
de léleveur
La surveillance préalable au vêlage permet
daccroître le confort de vie de léleveur
en évitant des déplacements nocturnes inutiles.
Appareils de monitoring et caméras de vidéo-surveillance
se répandent.
La surveillance des vêlages est
lune des tâches les plus contraignantes en élevage
bovin. Pour améliorer le confort de lélevage
tout en détectant les vêlages potentiellement difficiles,
plusieurs techniques sont disponibles.
« Il y a de plus en plus danimaux par exploitation
et de moins en moins de personnel pour sen occuper. Que
ce soit pour une question économique (ne pas perdre de
veaux) ou pour une question de confort (ne pas passer ses nuits
debout), la vidéo-surveillance sest largement développée
dans les élevages laitiers et allaitants »,
explique Albert Louvigny, dirigeant de Camo en Belgique. Il raconte
: « Fils déleveur, jai bricolé
ma première caméra de surveillance pour mon père
il y a plus de trente ans ». Depuis, le nombre de caméras
disponibles sur le marché français sest largement
accru. Elles sappuient toujours sur le même principe
: visualiser lanimal pour vérifier, de chez soi,
son comportement. Limage est transmise au récepteur
par le réseau hertzien. « Ces matériels
sont particulièrement appréciés par les
éleveurs de vaches allaitantes chez lesquels les vêlages
sont regroupés sur deux ou trois mois dhiver. La
concentration de ces vêlages dans un temps très
court impose quasiment à léleveur de se lever
toutes les nuits. Avec la vidéo-surveillance, il évite
de sortir inutilement dans de mauvaises conditions »,
souligne-t-on chez Detecvel.
Un marché qui se structure
Plusieurs sociétés proposent des matériels
de ce type, quil sagisse de Camo, DMPS, EFE, Camerail,
Detecvel, Alpha Laval
Chacune se positionne sur un type
de marché (vaches allaitantes ou vaches laitières,
zone géographique, avec ou sans son, zoom couleur ou non,
sensibilité dans lobscurité
), mais
les gammes se ressemblent et les prix sétagent entre
5000 F HT et 30 000 F HT. Selon son besoin, léleveur
va choisir entre la caméra fixe pour la surveillance dun
ou de deux boxes, la caméra sur tourelle pour les stabulations
libres (rotation à 360°, et de haut en bas) ou la
caméra sur rail (pour les stabulations entravées).
Avant lachat, il faut bien vérifier la présence
dun zoom, la puissance déclairage, la protection
contre le milieu (poussières en particulier), la transmission
du signal (attention aux collines) et le montant de linstallation.
La majeure partie des éleveurs choisit dinstaller
eux-mêmes leur matériel. Il faut alors prendre garde
au montage, en particulier des rails.
La détection du vêlage permet également
de réduire les sorties inutiles. Elle peut seffectuer
directement sur les animaux. « La surveillance visuelle
est la plus évidente et la plus traditionnelle »,
explique Pierre Pacard (Institut de lElevage). Il sagit
toujours destimer lavancement du vêlage et
donc de prévoir si lon peut, ou non, prendre quelques
heures de tranquillité en prenant la température
(elle chute juste avant le vêlage) et en vérifiant
la congestion vulvaire et celle de la mamelle. Les sondes intravaginales
ne sont guère présentes sur le terrain. Il fut
question un moment de suivre la durée durant laquelle
la vache tenait sa queue soulevée, un signe de limminence
du vêlage, mais cette technique est aujourdhui peu
pratiquée.
Enregistrer les contractions
Par contre, en septembre dernier, le Space primait Agritonics
International pour la nouvelle version de son appareil de monitoring.
« Le monitoring, dérivé de la méthode
médicale utilisée pour suivre une grossesse, permet
de mesurer en continu lactivité musculaire de la
vache en différenciant bien les contractions du reste
de son activité. Un boîtier électronique
est fixé sur le dos de lanimal par une sorte de
harnais. Il analyse lévolution dynamique du processus
des contractions en intensité, en durée, en fréquence.
Lorsque ces contractions atteignent un plateau, la phase dexpulsion
démarre. Le système communique alors avec le boîtier
posé sur la table de nuit de léleveur et
lavertit en lui précisant le numéro du harnais
et donc de la vache concernée », explique Francis
Jasper, dirigeant de Agritonics International. Le monitoring
est encore plus utile en cas de vêlage difficile : en cas
de torsion de la matrice, par exemple, les contractions augmentent
jusquau moment ou le veau aurait dû sengager.
Puis, comme le passage est impossible, elles sarrêtent.
Cest alors que léleveur reçoit un second
type de message dalerte, afin de prévenir un vêlage
difficile quil aurait eu du mal à repérer
visuellement.
Lors du vêlage lui-même, le travail peut être
facilité par laménagement dune aire
paillée propre et séparée. « Pour
aider le vétérinaire en cas de césarienne,
il est important aussi de préparer la vache en la rasant
et en la nettoyant », rappelle Bénédicte
Grimard de la chaire de reproduction de lEcole nationale
vétérinaire de Maisons-Alfort. « Il est
important dappeler le vétérinaire assez tôt
sil est nécessaire de pratiquer une césarienne
car léleveur réduit alors dautant les
chances de survie du veau sil commence à tirer.
»
Les vêleuses elles-mêmes ont peu évolué
ces dernières années : il sagit toujours
dattacher les pattes du veau et de sappuyer sur le
bassin de la mère pour tirer. « Nous proposons
deux vêleuses : un pour les vaches de races allaitantes,
lautre pour les vaches laitières, dont les vêlages
sont plus faciles. Lopérateur tire une patte puis
lautre, ce qui facilite le déblocage dune
situation dextraction difficile », explique Vincent
Smagghe, en charge de ces marchés chez Alpha Laval Agri.
La différence de ce matériel avec les vêleuses
classiques tient dans le support qui entoure larrière-train
de lanimal et évite donc que lappareil ne
glisse.
YANNE BOLOH |