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UNIVERSITE D'HIVER
Agriculteur :
un métier à repenser
Les présidents de CDJA et de
CRJA ont planché pendant trois jours sur lavenir
du métier dagriculteur. Un travail qui va nourrir
le prochain rapport dorientation.
Comment concevons-nous le métier
dagriculteur pour les années à venir ?
Cette question mérite dêtre posée à
lheure où les rapports entre agriculture et société
sont en train de changer profondément. Initiée
lors du rapport dorientation de 1998, la réflexion
se poursuit dans le syndicalisme jeune. Elle a été
au cur des travaux de lUniversité dhiver,
qui sest déroulée à Taissy (Marne)
du 7 au 9 décembre dernier. Groupes de travail, interventions
extérieures, tables rondes ont nourri un débat
auquel ont participé une cinquantaine de présidents
de CDJA et de CRJA. Lagronome Marcel Mazoyer a dénoncé
la « politique agricole mondiale indifférenciée
» (le libre-échange), qui ne fait quexacerber
la recherche de productivité dans les pays développés,
au détriment du nombre dagriculteurs, et surtout
de la paysannerie du tiers-monde, qui est incapable de tenir
le choc. A la place de cette machine mondiale à détruire
lagriculture, il préconise la création de
bloc de pays de même niveau de développement, à
linstar de lEurope.
Autre moment fort de lUniversité dhiver,
la table ronde rassemblant Jacques de Bohan, président
de Champagne Céréales, Philippe Lardier, directeur
de la communication de BASF, Jean-François Molle, directeur
de la sécurité sanitaire de Danone, et Christian
Decerle, président de Charolais Stratégie et de
la FDSEA 71. Le débat a mis en évidence une fracture
qui traverse le monde agricole. Dune part, une agriculture
pleinement insérée dans léconomie
de marché mondialisée, sans états dâme.
De lautre une agriculture plus politique et syndicale,
qui veut échapper à la tyrannie des marchés
en pariant sur la multifonctionnalité. Mais dans les deux
cas, un « consommateur-roi », de plus en plus exigeant
et méfiant.
Des idées à creuser
pour le rapport dorientation
Ces interventions ont nourri les réflexions
des groupes de travail autour de lavenir du métier
dagriculteur. Les présidents de CDJA et de CRJA.
ont dégagé quatre points : un métier
valorisant pour lhomme, en phase avec la société,
moderne et responsable ; un métier qui reste basé
sur le vivant et qui conserve un esprit dentreprise nécessaire ;
un métier qui apporte un revenu basé sur des activités
marchandes ; enfin un métier fier, porteur de valeurs
et capable de se renouveler. Des pistes dactions ont été
tracées : la communication et louverture aux
autres catégories du monde rural ; limplication
plus forte, localement et dans lamont (coopération) ;
la formation ; la valeur ajoutée. Ces pistes intéressantes
vont être approfondies pour le rapport dorientation.
Rendez-vous en juin au congrès de Deauville. |