Des idées claires pour lagriculture de demain
Ça y est : lan 2000,
nous y sommes. Et cest nous, les jeunes daujourdhui,
qui allons définir le visage de lagriculture du
nouveau millénaire.
Cest un immense chantier. Nous venons de franchir une
étape : la loi dorientation est votée,
la Politique agricole commune est redéfinie pour six ans,
et le cycle de négociations pluriannuel de lOMC
est amorcé. A présent, place au terrain !
Plusieurs défis sont à relever.
Premièrement, continuer à boucher les trous
dun Agenda 2000 qui ressemble à un gruyère.
Je pense en particulier au plan protéines quil est
urgent de mettre en place au niveau européen, ainsi quau
secteur oléagineux, pour lequel la Commission doit mettre
en place un système de filet de sécurité
et de compensation, si elle na pas fait le choix dabandonner
ce secteur aux Américains.
Plus généralement, nous devons obtenir :
de la Commission quelle prenne ses responsabilités
sur la gestion des marchés ;
de la réforme en cours sur les organisations de producteurs
quelle renforce le pouvoir économique des agriculteurs.
des prochaines Assises de la distribution quelles créent
les conditions dune répartition équitable
de la valeur ajoutée pour tous les maillons de la filière.
Nous y parviendrons par le dialogue, commencé à
Terre Attitude, mais aussi par limplication des pouvoirs
publics, notamment à travers la loi sur les nouvelles
régulations économiques.
Deuxièmement : mettre en place des CTE, dans chaque
bassin de production, dans chaque canton. Aux JA de proposer
des CTE conformes à leurs attentes, à leur réalité
locale, de les adopter en CDOA et faire pression sur les préfets
pour quils les valident même sils ne sont pas
en parfaite adéquation avec la circulaire. Plus nous serons
mobilisés, plus nous serons forts pour faire rectifier
le tir. Cest une priorité syndicale de nous approprier
totalement le CTE, pour en faire le levier de création
de valeur ajoutée nécessaire à lagriculture.
Troisièmement : lancer un combat pour la baisse
des charges. Les politiques mises en place au niveau mondial
et européen ne font que rendre plus précaire lexercice
de notre métier. On nous veut compétitifs, conquérants,
exemplaires ? Très bien. Nous relevons le défi.
Mais quon nous donne les moyens de le faire : le poids
des charges qui grèvent nos exploitations est totalement
incompatible avec un tel programme. Cette baisse des charges
est devenue indispensable.
Quatrièmement : consolider le travail des JA pour
linstallation. Ne tolérons dans ce domaine aucun
discours alarmiste : il sagit dun travail dans
la durée. La nouvelle politique des structures est à
redéfinir et à mettre en application dans toutes
les CDOA ; à nous de faire vivre les chartes pour
linstallation dans tous les départements.
Enfin, au moment de passer le cap du millénaire, il
est bon de jeter un coup dil en arrière. Dans
la conclusion du rapport dorientation du CNJA de 1970,
on peut lire : « laction syndicale nest
jamais finie car il ny a jamais de victoires complètes
mais seulement des victoires partielles. Il y a toujours quelque
chose à faire pour améliorer ce qui existe. »
Ces phrases sont toujours dactualité. Comme à
cette époque, nous sommes à un tournant. En prenant
exemple sur nos aînés, sachons le négocier :
à nous les marchés de lan 2000, non seulement
faits de biens alimentaires mais aussi des nouvelles attentes
de la société auxquelles nous devons fournir une
offre sur mesure.
Nous en sommes capables : production, maintien et transmission
du patrimoine, protection et gestion de lenvironnement,
aménagement de lespace, offre de services, débouchés
non alimentaires
cest une agriculture renouvelée,
plus complexe, multiforme, bref une agriculture du troisième
millénaire, qui permettra dy répondre. |